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<title>Changer la gauche</title><link>http://www.changerlagauche.fr/index.php</link><description>A l&#x27;articulation du monde universitaire et du monde politique</description><dc:language>(null)</dc:language><dc:creator>contact@changerlagauche.fr</dc:creator><dc:rights>Copyright 2010 Club Changer la gauche</dc:rights><dc:date>2012-04-25T16:42:39+02:00</dc:date><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.realmacsoftware.com/" />
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<lastBuildDate>Wed, 25 Apr 2012 16:48:24 +0200</lastBuildDate><itunes:author>Changer la gauche</itunes:author><itunes:owner><itunes:name>Changer la gauche</itunes:name><itunes:email>contact@changerlagauche.fr</itunes:email></itunes:owner><itunes:category text="Think tank"/><itunes:subtitle>A l&#x27;articulation du monde universitaire et du monde politique</itunes:subtitle><itunes:summary>A l&#x27;articulation du monde universitaire et du monde politique&#x2c; le Club Changer la gauche explore de nombreuses questions  aujourd&#x27;hui trop souvent d&#xe9;laiss&#xe9;s par la gauche.</itunes:summary><itunes:image href="http://www.changerlagauche.fr/index_files/podcast_channel.png" /><item><title>Hollande avait raison&#x2c; par Pierre Haroche</title><dc:creator>contact@changerlagauche.fr</dc:creator><category>Analyses</category><dc:date>2012-04-25T16:42:39+02:00</dc:date><link>http://www.changerlagauche.fr/index_files/f21378d5f7b325eca827a8e63b65dd49-84.php#unique-entry-id-84</link><guid isPermaLink="true">http://www.changerlagauche.fr/index_files/f21378d5f7b325eca827a8e63b65dd49-84.php#unique-entry-id-84</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="" width="250" height="143" src="http://www.changerlagauche.fr/index_files/page2_blog_entry84-Hollande.jpg" /></div><span style="font:16px Verdana, serif; "><br><br><div align="justify"></span><span style="font:64px Verdana, serif; color:#FF0000;">D</span><span style="font:12px Verdana, serif; ">epuis le d&eacute;but de la campagne, la gauche n&rsquo;a cess&eacute; d&rsquo;affirmer qu&rsquo;une politique d&rsquo;&eacute;quilibre budg&eacute;taire devait imp&eacute;rativement s&rsquo;accompagner d&rsquo;une politique de relance de la croissance. Fran&ccedil;ois Hollande s&rsquo;est m&ecirc;me engag&eacute;, une fois &eacute;lu, &agrave; prendre l&rsquo;initiative au niveau europ&eacute;en d&rsquo;un "pacte de responsabilit&eacute;, de gouvernance et de croissance". A cela, la droite a cru bon de r&eacute;pondre en ricanant&nbsp;: les socialistes veulent faire de la France une nouvelle Gr&egrave;ce&nbsp;; vouloir relancer les n&eacute;gociations europ&eacute;ennes est totalement irr&eacute;aliste puisque le trait&eacute; de discipline budg&eacute;taire vient &agrave; peine d&rsquo;&ecirc;tre sign&eacute;. <br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br />Avant la r&eacute;ponse des &eacute;lecteurs, ce d&eacute;bat est en train d&rsquo;&ecirc;tre tranch&eacute; par&hellip; la r&eacute;alit&eacute;. Il semble en effet que les socialistes fran&ccedil;ais aient &eacute;t&eacute; parmi les premiers &agrave; d&eacute;fendre une id&eacute;e que l&rsquo;&eacute;preuve des faits rend aujourd&rsquo;hui incontournable en Europe. C&rsquo;est d&rsquo;abord Mario Monti, l&rsquo;ancien de chez Goldman Sachs, le technocrate charg&eacute; de rassurer les march&eacute;s et d&rsquo;assainir les finances italiennes qui a op&eacute;r&eacute; un virage &agrave; 180&deg;&nbsp;: "Tout, tout, tout ce que nous faisons maintenant doit b&eacute;n&eacute;ficier &agrave; la croissance" a-t-il annonc&eacute;, apr&egrave;s avoir constat&eacute; que l&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; forcen&eacute;e finissait par &ecirc;tre contre-productive. Puis ce fut au tour l&rsquo;autre Mario sorti de chez Goldman Sachs, le Pr&eacute;sident de la BCE Mario Draghi de d&eacute;fendre devant le Parlement europ&eacute;en l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un "pacte de croissance" pour la zone euro. Autrement dit, l&rsquo;orthodoxie est en train de changer de camp. Et l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une nouvelle n&eacute;gociation europ&eacute;enne sur la croissance n&rsquo;est plus du tout une vague utopie.<br /><br />Tout aussi significatif est l&rsquo;exemple du Royaume-Uni. Le gouvernement conservateur de David Cameron a incarn&eacute; depuis le d&eacute;but de son mandat l&rsquo;exemple extr&ecirc;me de la priorit&eacute; absolue donn&eacute;e aux coupes budg&eacute;taires. Face &agrave; une opposition travailliste qui l&rsquo;accusait d&rsquo;aller &laquo;&nbsp;trop loin et trop vite&nbsp;&raquo; et n&rsquo;avait de cesse de l&rsquo;appeler &agrave; pr&eacute;server la croissance, le Premier ministre r&eacute;pondait comme en France&nbsp;:&nbsp;avec vous, nous serions la nouvelle Gr&egrave;ce&nbsp;! Les chiffres viennent pourtant de donner leur verdict&nbsp;: non seulement depuis le d&eacute;but de l&rsquo;ann&eacute;e le royaume est de nouveau en r&eacute;cession, mais dans le m&ecirc;me temps les finances publiques n&rsquo;ont cess&eacute; de se d&eacute;grader, obligeant &agrave; de nouveaux emprunts record. Pour paraphraser un ancien Premier ministre&nbsp;: ceux qui croient pouvoir choisir entre l&rsquo;&eacute;quilibre budg&eacute;taire et la croissance finissent avec une r&eacute;cession et des dettes.<br /><br />A l&rsquo;heure o&ugrave; le Pr&eacute;sident Sarkozy cherche chaque jour &agrave; coller un peu plus au discours du Front National, cette histoire conf&egrave;re &agrave; la gauche une tout autre ambition&nbsp;: prendre de la hauteur, fixer un cap et avoir raison avant les autres.</span><span style="font:15px Verdana, serif; "></div><br /></span><p style="text-align:justify;"><span style="font:15px Verdana, serif; "><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:15px Verdana, serif; font-weight:bold; color:#FF0000;font-weight:bold; ">Pierre Haroche</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>&#x22;Isra&#xeb;l-Palestine: terrain min&#xe9;&#x2c; passage oblig&#xe9;&#x22;&#x2c; nouvelle contribution du Club Changer la gauche</title><dc:creator>contact@changerlagauche.fr</dc:creator><category>Annonces</category><dc:date>2012-03-16T11:17:58+01:00</dc:date><link>http://www.changerlagauche.fr/index_files/b7f6588e92c8d7827070b4af86dfe6a7-81.php#unique-entry-id-81</link><guid isPermaLink="true">http://www.changerlagauche.fr/index_files/b7f6588e92c8d7827070b4af86dfe6a7-81.php#unique-entry-id-81</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="IsraelPalestine" width="186" height="140" src="http://www.changerlagauche.fr/index_files/page2_blog_entry81-israelpalestine.jpg" /><span style="font:16px Verdana, serif; "><br><br><div align="justify"></span><span style="font:64px Verdana, serif; color:#FF0000;">L</span><span style="font:12px Verdana, serif; ">e Club Changer la gauche a le plaisir de vous annoncer la parution de sa nouvelle Contribution, </span><span style="font:12px Verdana, serif; "><a href="http://changerlagauche.fr/contributions_files/ChangerlagaucheIsraPal.pdf" rel="self">&ldquo;Isra&euml;l-Palestine: terrain min&eacute;, passage oblig&eacute;&ldquo;</a></span><span style="font:12px Verdana, serif; ">.<br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br />Le 23 septembre 2011, le pr&eacute;sident palestinien Mahmoud Abbas a d&eacute;pos&eacute; une candidature pour obtenir la reconnaissance internationale de l&rsquo;Etat palestinien comme membre &agrave; part enti&egrave;re de l&rsquo;ONU.<br /><br />Si une victoire symbolique fut remport&eacute;e lors du vote massivement favorable &ndash;y compris de la part de la France&ndash; &agrave; l&rsquo;adh&eacute;sion de la Palestine &agrave; l&rsquo;UNESCO le 31 octobre, les chances de succ&egrave;s d'un vote du Conseil de S&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;ONU en faveur de la reconnaissance de l'Etat palestinien sont d&eacute;sormais quasi-nulles : les Etats-Unis ont d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; indiqu&eacute; leur intention d&rsquo;y utiliser leur droit de veto et trois autres pays, la France, le Royaume-Uni, ainsi que la Colombie, ont annonc&eacute; qu'ils s'abstiendraient. Le vote a donc &eacute;t&eacute; report&eacute; </span><span style="font:12px Verdana-Italic; "><em>sine die</em></span><span style="font:12px Verdana, serif; ">.<br /><br />Seule reste d&eacute;sormais ouverte la possibilit&eacute; du vote d&rsquo;une r&eacute;solution de l&rsquo;Assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale des Nations Unies, octroyant le statut d&rsquo;Etat non membre observateur. Cette voie est conseill&eacute;e par le gouvernement fran&ccedil;ais: elle permet de ne pas &ldquo;risquer une confrontation diplomatique st&eacute;rile et dangereuseDiscours &agrave; la Conf&eacute;rence des Ambassadeurs, 2 septembre 2011.&rdquo;, tout en se rapprochant de l&rsquo;admission pleine et enti&egrave;re.<br /><br />Le semi-&eacute;chec de la candidature palestinienne &agrave; l&rsquo;ONU pourrait donner l&rsquo;impression que le statu quo se trouve ent&eacute;rin&eacute;... il n&rsquo;en est rien. La question isra&eacute;lo-palestinienne se situe &agrave; un tournant : nous vivons sans doute aujourd&rsquo;hui les derniers instants de la solution &agrave; deux Etats, et le contexte actuel de tension avec l'Iran pr&eacute;sente le risque de d&eacute;tourner le regard de la communaut&eacute; internationale de cette derni&egrave;re.<br /><br />C&rsquo;est pourquoi la gauche fran&ccedil;aise ne doit pas, malgr&eacute; ses divisions sur le sujet, rester muette sur une question qui influe directement sur les int&eacute;r&ecirc;ts de l'Europe. <br /><br />Une gauche au pouvoir devra rompre avec la posture d&rsquo;&eacute;quilibriste du gouvernement actuel et orienter l&rsquo;action fran&ccedil;aise et europ&eacute;enne selon les trois axes suivants : <br /><br />1. R&eacute;&eacute;quilibrer la politique de la France et soutenir la cr&eacute;ation et la reconnaissance d&rsquo;un Etat palestinien viable.<br /><br />2. Retrouver les leviers d&rsquo;influence auxquels nous avons renonc&eacute;, vis-&agrave;-vis d&rsquo;Isra&euml;l notamment, en utilisant des incitations commerciales &agrave; l'arr&ecirc;t de la colonisation.<br /><br />3. Redevenir un acteur de s&eacute;curit&eacute; cr&eacute;dible au Moyen-Orient, capable de s&rsquo;engager, le moment venu, dans une mission de maintien de la paix entre les Palestiniens et les Isra&eacute;liens. Le &ldquo;soft power&rdquo; fran&ccedil;ais et europ&eacute;en vis-&agrave;-vis des acteurs du conflit isra&eacute;lo-palestinien ne pourra s&rsquo;exercer &agrave; nouveau efficacement en faveur de la paix que sur le fondement d&rsquo;un &ldquo;hard power&rdquo; cr&eacute;dible, dont l'Europe serait pr&ecirc;te &agrave; user si elle y &eacute;tait invit&eacute;e pour que soit mis en application un accord de paix.<br /><br /><br /></span><strong><u>I. Un constat certes d&eacute;courageant</u></strong><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br />Depuis de longues ann&eacute;es, les n&eacute;gociations de paix achoppent sur les m&ecirc;mes questions. Ces derni&egrave;res &eacute;voluent n&eacute;anmoins.<br /><br />&bull; Si la question du droit au retour des r&eacute;fugi&eacute;s palestiniens semble pouvoir &ecirc;tre r&eacute;solue </span><span style="font:12px Verdana, serif; "><a href="http://www.diasporiques.org/Diaspo_15_debat_Palestine.pdf" rel="self">de mani&egrave;re relativement facile d&rsquo;un point de vue juridique</a></span><span style="font:12px Verdana, serif; ">, elle demeure politiquement &eacute;pineuse pour l&rsquo;Autorit&eacute; palestinienne<br /><br />&bull; La question du statut de J&eacute;rusalem-Est para&icirc;t, en revanche, inextricable.<br /><br />&bull; Ces difficult&eacute;s sont d&eacute;sormais aggrav&eacute;es par la troisi&egrave;me source de blocage: la poursuite du processus de colonisation ill&eacute;gale en Cisjordanie. Quel gouvernement isra&eacute;lien pourrait &ecirc;tre suffisamment fort politiquement pour imposer le d&eacute;mant&egrave;lement des &ldquo;implantations&rdquo;? Si la soci&eacute;t&eacute; civile isra&eacute;lienne peut &ecirc;tre objectivement d&eacute;crite comme majoritairement d&eacute;favorable &agrave; l&rsquo;entreprise de colonisation, cela ne se traduit pas en acte dans la politique des gouvernements isra&eacute;liens successifs.<br /><br />Il n&rsquo;est pas ici question de minimiser la complexit&eacute; de la t&acirc;che des n&eacute;gociateurs qui devront &eacute;laborer un compromis global sur ces questions, mais cela fait longtemps que les grands traits de la solution du conflit isra&eacute;lo-palestinien font l&rsquo;objet d&rsquo;un consensus parmi les acteurs mod&eacute;r&eacute;s de la communaut&eacute; internationale &ndash;rappelons-nous le processus d&rsquo;Oslo lanc&eacute; en 1993, ou encore la feuille de route de l&rsquo;administration de G. W. Bush mise en place le 30 avril 2003. <br /><br />&bull; Il s&rsquo;agirait de parvenir &agrave; une solution &agrave; deux Etats, qui implique &agrave; la fois l&rsquo;admission par les Etats arabes et musulmans du droit d&rsquo;Isra&euml;l &agrave; l&rsquo;existence et &agrave; la s&eacute;curit&eacute;, et la reconnaissance par Isra&euml;l du droit des Palestiniens &agrave; disposer d&rsquo;un Etat viable, contigu et souverain.<br /><br />&bull; La d&eacute;limitation entre ces deux Etats suivrait les fronti&egrave;res de 1967, modifi&eacute;es &agrave; la marge, par des &eacute;changes de territoire, le d&eacute;mant&egrave;lement d&rsquo;une grande majorit&eacute; des colonies de Cisjordanie &eacute;tant sans doute incontournable.<br /><br />&bull; L'accord comprendrait enfin, pour les r&eacute;fugi&eacute;s arabes de 1947-1948, un droit &agrave; des r&eacute;parations financi&egrave;res par l'Etat d'Isra&euml;l, dont le montant serait fix&eacute; par un tribunal international.<br /><br />Jusqu'alors, il a &eacute;t&eacute; impossible de mettre en &oelig;uvre ces solutions, et chaque jour qui passe nous &eacute;loigne davantage de sa concr&eacute;tisation :<br /><br />&bull; Le m&eacute;canisme de mont&eacute;e aux extr&ecirc;mes dans les deux camps emp&ecirc;che les n&eacute;gociations d&rsquo;avancer et rend caduque toute concession importante consentie par l&rsquo;une ou l&rsquo;autre &eacute;quipe de n&eacute;gociateurs. <br /><br />&bull; La colonisation se poursuit en Cisjordanie, amenuisant de jour en jour la viabilit&eacute; &eacute;conomique d&rsquo;un futur Etat palestinien (le nombre de colons est aujourd'hui deux fois plus &eacute;lev&eacute; qu'en 1993, pendant les accords d'OsloOn estime &agrave; environ 300 000 le nombre de colons isra&eacute;liens install&eacute;s en Cisjordanie aujourd&rsquo;hui. A titre de comparaison, il n&rsquo;y avait que 8000 colons install&eacute;s dans la bande de Gaza, lors de la d&eacute;cision de d&eacute;sengagement unilat&eacute;ral, prise par le gouvernement d&rsquo;Ariel Sharon en 2005.).<br /><br />&bull; Les acteurs ext&eacute;rieurs, notamment am&eacute;ricains et europ&eacute;ens, n'ont pas su exercer sur les protagonistes une pression suffisante pour leur faire accepter des concessions difficilesPour une analyse des raisons profondes de l&rsquo;incapacit&eacute; de l&rsquo;Occident, tant europ&eacute;en qu&rsquo;am&eacute;ricain, &agrave; </span><span style="font:12px Verdana, serif; "><a href="http://www.cairn.info/revue-le-debat-2010-4-page-158.htm" rel="self">assumer la responsabilit&eacute; d&rsquo;un r&egrave;glement de la question isra&eacute;lo-palestinienne</a></span><span style="font:12px Verdana, serif; ">. Barack Obama, sans doute le pr&eacute;sident am&eacute;ricain le plus ouvert &agrave; la cause palestinienne depuis des d&eacute;cennies, s&rsquo;est trouv&eacute;, depuis plusieurs mois, en position de brandir &agrave; nouveau le veto am&eacute;ricain pour emp&ecirc;cher la reconnaissance de l&rsquo;Etat palestinien &agrave; l&rsquo;ONU, tout en &eacute;tant incapable d&rsquo;emp&ecirc;cher le gouvernement isra&eacute;lien de poursuivre la colonisation en Cisjordanie. Pire : la l&eacute;gislation am&eacute;ricaine interdisant &agrave; l&rsquo;ex&eacute;cutif am&eacute;ricain de financer toute organisation internationale qui reconna&icirc;trait la Palestine en tant qu&rsquo;Etat a abouti au gel du versement de la contribution am&eacute;ricaine &agrave; l&rsquo;UNESCO, qui repr&eacute;sentait 22% de son budget. C'est l&agrave; une preuve de la tr&egrave;s grande difficult&eacute; pour un pr&eacute;sident am&eacute;ricain de prendre une position &eacute;quilibr&eacute;e qui permettrait de faire avancer le probl&egrave;me. <br /><br />La France et l&rsquo;Europe ne peuvent se r&eacute;soudre &agrave; l&rsquo;attentisme et au pourrissement. Doit-on attendre pour agir au Moyen-Orient qu&rsquo;Obama soit r&eacute;&eacute;lu avec une forte majorit&eacute; au Congr&egrave;s lui permettant de r&eacute;aliser ce qu&rsquo;il n&rsquo;a pu faire jusqu&rsquo;ici ou encore qu&rsquo;un gouvernement plus conciliant et mod&eacute;r&eacute; parvienne au pouvoir en Isra&euml;l avec une majorit&eacute; qui lui permette de faire les concessions n&eacute;cessaires et de les imposer ? Au-del&agrave; du caract&egrave;re hautement improbable de ces sc&eacute;narios, il nous para&icirc;t n&eacute;cessaire que la France et l&rsquo;Europe se r&eacute;engagent avec d&eacute;termination au Moyen-Orient en faveur de la paix, car des int&eacute;r&ecirc;ts sp&eacute;cifiquement fran&ccedil;ais et europ&eacute;ens sont directement en cause. <br /><br /></span><strong><u>II. La n&eacute;cessit&eacute; d'un engagement</u></strong><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br />Nous avons int&eacute;r&ecirc;t &agrave; la paix &agrave; deux titres, en tant qu'alli&eacute;s des Isra&eacute;liens et des mouvements de d&eacute;mocratisation arabes, et tout simplement comme Europ&eacute;ens.<br /><br /></span><strong>A- Un int&eacute;r&ecirc;t &agrave; agir en tant qu'alli&eacute;s des Isra&eacute;liens et des mouvements de d&eacute;mocratisation arabes</strong><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br />Le &ldquo;Printemps arabe&rdquo; est une chance de revenir sur l'id&eacute;ologie n&eacute;o-conservatrice du &ldquo;choc des civilisations&rdquo;, qui avait tant contribu&eacute; &agrave; affaiblir les tentatives de paix entre Isra&eacute;liens et Palestiniens. Ces &eacute;v&eacute;nements montrent en effet que la &ldquo;rue arabe&rdquo; (expression simpliste qui n&rsquo;a longtemps exprim&eacute; que peur et m&eacute;pris tout en passant par pertes et profits la diversit&eacute; des situations propres &agrave; chaque pays) n'est pas obnubil&eacute;e par le conflit isra&eacute;lo-palestinien. Il n'y a pas eu de slogans anti-isra&eacute;liens lors des mobilisations massives de l&rsquo;ann&eacute;e 2011 en Tunisie, au Caire, au Y&eacute;men ou en Libye. Une telle &eacute;volution para&icirc;t favoriser des approches moins id&eacute;ologiques de la question isra&eacute;lo-palestinienne.<br /><br />Par ailleurs, le &ldquo;Printemps arabe&rdquo; est une occasion &agrave; ne pas manquer: la France et l'Europe ont int&eacute;r&ecirc;t &agrave; une paix &agrave; deux Etats rapide qui puisse profiter du vaste &eacute;lan d'esp&eacute;rances d&eacute;mocratiques suscit&eacute; par ces r&eacute;volutions.<br /><br />Alli&eacute;e historique d&rsquo;Isra&euml;l et soutien de l'id&eacute;e d'un Etat palestinien depuis l'origine, la France doit faire comprendre aux Isra&eacute;liens que le temps joue contre eux, &agrave; l'&eacute;chelle internationale comme &agrave; l'&eacute;chelle locale.<br /><br />A l'&eacute;chelle internationale:<br /><br />&bull; Les Etats-Unis, grand protecteur d'Isra&euml;l, vont &ecirc;tre confront&eacute;s au gain d'influence de puissances &eacute;mergentes non-occidentales et latino-am&eacute;ricaines qui n'ont pas la m&ecirc;me disposition d&rsquo;esprit vis-&agrave;-vis d&rsquo;Isra&euml;l que les Am&eacute;ricains.<br /><br />&bull; Face &agrave; la perspective de nucl&eacute;arisation du Moyen-Orient que la question iranienne rend chaque jour plus probable, les puissances occidentales peinent &agrave; trouver une solution.<br /><br />&bull; La Turquie, alli&eacute;e traditionnelle d&rsquo;Isra&euml;l dans son voisinage imm&eacute;diat, est en train de prendre ses distances. <br /><br />&bull; La vague de d&eacute;mocratisation dans le monde arabe pourrait avoir des effets n&eacute;gatifs sur la position r&eacute;gionale d&rsquo;Isra&euml;l : sans remettre en cause la paix, l&rsquo;Egypte a ainsi adopt&eacute; derni&egrave;rement des positions plus critiques &agrave; l&rsquo;&eacute;gard d&rsquo;Isra&euml;l que ne le faisait l&rsquo;ancien dictateur Mubarak. Il semble donc qu&rsquo;&agrave; moyen terme, on s&rsquo;avance vers une situation d&rsquo;isolement d&rsquo;Isra&euml;l et d&rsquo;affaiblissement de l&rsquo;influence dans la r&eacute;gion de son principal alli&eacute;, les Etats-Unis.<br /><br />A l'&eacute;chelle locale:<br /><br />La colonisation de la Cisjordanie conduit vers la solution d'un Etat unique, qui se trouvera face &agrave; l'alternative suivante:<br /><br />&bull; Soit cet Etat unique est r&eacute;ellement d&eacute;mocratique et il ne pourra plus alors se proclamer comme &ldquo;juif&rdquo;, puisqu&rsquo;il sera peupl&eacute; d&rsquo;une majorit&eacute; de Palestiniens arabes. Il sera binational. Ce qui signifiera qu&rsquo;&agrave; terme, pour des raisons d&eacute;mographiques, le projet sioniste &ndash;consistant &agrave; &eacute;tablir un Etat pour le peuple juif&ndash; aura &eacute;chou&eacute;<br /><br />&bull; Soit cet Etat unique restera &ldquo;juif&rdquo;, ce qui ne pourra se faire qu'en faisant des citoyens &ldquo;arabes&rdquo; de l'Etat isra&eacute;lien des citoyens de seconde zone. L'Etat avancera alors progressivement vers des logiques de plus en plus fortes de s&eacute;gr&eacute;gation, et il sera de plus en plus difficile de parler d'Etat proprement &ldquo;d&eacute;mocratique&rdquo;. Certaines sensibilit&eacute;s au sein du gouvernement isra&eacute;lien semblent privil&eacute;gier de facto une telle &eacute;volution. <br /><br />Un tel sc&eacute;nario rendrait la situation encore plus explosive et risquerait d&rsquo;alimenter &agrave; nouveau la logique de bipolarisation entre un Occident &ldquo;jud&eacute;o-chr&eacute;tien&rdquo; et un Moyen-Orient &ldquo;arabo-musulman&rdquo;, con&ccedil;us comme essentiellement hostiles l&rsquo;un &agrave; l&rsquo;autre. Ces deux solutions, qui ne paraissent pas souhaitables pour Isra&euml;l, ne le semblent pas non plus pour la France et l'Europe.<br /><br /></span><strong>B- Un int&eacute;r&ecirc;t &agrave; agir en tant qu&rsquo;Europ&eacute;ens</strong><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /><br />&bull; Nous avons des </span><span style="font:12px Verdana, serif; "><a href="http://www.cairn.info/revue-horizons-strategiques-2007-1-page-120.htm" rel="self">int&eacute;r&ecirc;ts strat&eacute;giques et &eacute;conomiques consid&eacute;rables en M&eacute;diterran&eacute;e</a></span><span style="font:12px Verdana, serif; ">. Or, l'&eacute;chec de l'Union pour la M&eacute;diterran&eacute;e a montr&eacute; que le conflit isra&eacute;lo-palestinien reste un obstacle &agrave; l&rsquo;am&eacute;lioration des relations entre Europ&eacute;ens et M&eacute;diterran&eacute;ens ; la France a fait l'erreur de croire qu'une &ldquo;photo-op&rdquo; sur les Champs-Elys&eacute;es et une logique de projets permettraient de se passer d&rsquo;une r&eacute;ponse politique sp&eacute;cifique au conflit entre Isra&euml;l et les Palestiniens.<br /><br />&bull; Nous ne pouvons faire fi de notre situation g&eacute;ographique: en cas d&rsquo;embrasement du Moyen-Orient, l&rsquo;Europe serait bien plus directement touch&eacute;e que les Etats-Unis, qui s'en trouvent physiquement plus &eacute;loign&eacute;s.<br /><br />Pour ces deux raisons, nous ne devons pas craindre une politique qui d&eacute;fende les int&eacute;r&ecirc;ts de l'Europe, quand bien m&ecirc;me devrions-nous manifester quelque diff&eacute;rence &agrave; l'&eacute;gard de la ligne d&eacute;fendue par la diplomatie am&eacute;ricaine.<br /><br /></span><strong>C- Un int&eacute;r&ecirc;t &agrave; agir en tant que Fran&ccedil;ais</strong><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br />&bull; Il s'agit l&agrave; d'un aspect de la politique ext&eacute;rieure de la France que la gauche au pouvoir devra restaurer apr&egrave;s l'&egrave;re Sarkozy. Au cours de sa visite d'Etat en Isra&euml;l, en 2008, ce dernier n'a pas fait le geste d'aller &agrave; Ramallah, ne se d&eacute;pla&ccedil;ant qu'&agrave; Bethl&eacute;em, comme George W. Bush quelques mois auparavant. Cette posture nettement d&eacute;s&eacute;quilibr&eacute;e jusqu&rsquo;au d&eacute;but 2010 d&eacute;notait un suivisme dangereux &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de la politique de l&rsquo;ancienne administration Bush et une rupture contreproductive avec la politique arabe fran&ccedil;aise qui avait permis l&rsquo;exercice d&rsquo;une certaine influence lors les d&eacute;cennies pass&eacute;es.<br /><br />&bull; Un r&eacute;&eacute;quilibrage a, certes, commenc&eacute; &agrave; s&rsquo;op&eacute;rer depuis l&rsquo;arriv&eacute;e au Quai d'Orsay d&rsquo;Alain Jupp&eacute;. La diplomatie fran&ccedil;aise est toutefois rest&eacute;e h&eacute;sitante sur la question de la reconnaissance de la Palestine &agrave; l&rsquo;ONU &ndash;soutien &agrave; l&rsquo;admission &agrave; l&rsquo;UNESCO, mais abstention en ce qui concerne l&rsquo;ONU.<br /><br />&bull; Le conflit a, d'&eacute;vidence, des r&eacute;sonances singuli&egrave;res en France, pays d&rsquo;Europe o&ugrave; vit la plus importante communaut&eacute; juive, et o&ugrave; le nombre de musulmans est le plus grand. Un pourrissement du conflit isra&eacute;lo-palestinien ne serait pas sans cons&eacute;quence sur le d&eacute;bat politique int&eacute;rieur fran&ccedil;ais. Les manifestations et les tensions provoqu&eacute;es dans plusieurs villes par l'op&eacute;ration &ldquo;plomb durci&rdquo; &agrave; Gaza au tournant 2008-2009 l'ont bien montr&eacute;. <br /><br />L&rsquo;Europe, et la France en particulier, qui ont un int&eacute;r&ecirc;t vital &agrave; la r&eacute;solution du conflit, apparaissent aujourd'hui comme des acteurs de second r&ocirc;le au Proche-Orient. Les Europ&eacute;ens sont bel et bien marginalis&eacute;s par les deux camps, alors que nous sommes les premiers pourvoyeurs d&rsquo;aide &agrave; la r&eacute;gionDe 1994 &agrave; 2009, l'Union europ&eacute;enne a engag&eacute; environ 4,26 milliards &euro; d'aide aux Palestiniens. , et notamment &agrave; l&rsquo;Autorit&eacute; palestinienne (&ldquo;</span><span style="font:12px Verdana-Italic; "><em>a payer, not a player</em></span><span style="font:12px Verdana, serif; ">&rdquo; comme l'exprime la formule malheureusement consacr&eacute;e). L'implication europ&eacute;enne dans le conflit est donc aujourd'hui parfaitement improductive.<br /><br /></span><strong><u>III. Quelle contribution europ&eacute;enne pour sortir de l'impasse?<br /></u></strong><strong><br />A- A court terme: r&eacute;&eacute;quilibrer notre posture</strong><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br />Dans un premier temps, il est n&eacute;cessaire de r&eacute;&eacute;quilibrer notre posture &ndash;notre discours comme nos actes. La gauche doit &ecirc;tre motrice pour que la France et ses partenaires europ&eacute;ens prennent les mesures suivantes :<br /><br />1. Rompre avec les h&eacute;sitations actuelles de la droite, et annoncer que l'on reconna&icirc;tra l'Etat palestinien d&egrave;s qu'il aura un gouvernement &eacute;lu. Une telle solution permet &eacute;galement d'inciter le Hamas et le Fatah &agrave; poursuivre le processus de r&eacute;conciliation jusqu'aux &eacute;lections &ndash;pr&eacute;vues pour mai 2012&ndash; et &agrave; former, ensuite, un gouvernement d'unit&eacute; nationale r&eacute;unissant les deux factions. On a parl&eacute;, &agrave; propos du dernier accord de partenariat sign&eacute; le 24 novembre, d&rsquo;une </span><span style="font:12px Verdana, serif; "><a href="http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/11/24/abbas-et-mechaal-au-caire-pour-tenter-de-sceller-la-reconciliation-palestinienne_1608319_3218.html" rel="self">acceptation par le Hamas du passage de la lutte arm&eacute;e &agrave; la &ldquo;r&eacute;sistance pacifique&rdquo;</a></span><span style="font:12px Verdana, serif; ">. Si une telle interpr&eacute;tation &eacute;tait confirm&eacute;e, cette &eacute;volution devrait, bien s&ucirc;r, &ecirc;tre vivement encourag&eacute;e.<br /><br />2. Souligner d'ores et d&eacute;j&agrave; tout ce que le processus de cr&eacute;ation d'un Etat palestinien doit &agrave; l&rsquo;actuel Premier Ministre palestinien, Salam Fayyad, et &agrave; sa d&eacute;marche pragmatique fond&eacute;e sur l&rsquo;id&eacute;e de cr&eacute;er une viabilit&eacute; &eacute;conomique de la Cisjordanie et d&rsquo;y am&eacute;liorer l&rsquo;Etat de droit, afin de faire &eacute;merger une base pour la fondation du futur Etat. <br /><br /></span><strong>B- A moyen terme: retrouver nos leviers d'influence</strong><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br />A moyenne &eacute;ch&eacute;ance, il conviendrait de prendre les mesures suivantes:<br /><br />1. Conditionner une partie de nos relations commerciales &agrave; l'arr&ecirc;t de la colonisation en Cisjordanie. Des discours ont bien &eacute;t&eacute; tenus jusqu'alors, mais sans cons&eacute;quence ; la pr&eacute;sidence fran&ccedil;aise de l'Union europ&eacute;enne en 2008 a &eacute;t&eacute; marqu&eacute;e, malgr&eacute; la poursuite de la colonisation, par une am&eacute;lioration sans contrepartie de la relation &eacute;conomique et commerciale entre l'Europe et Isra&euml;l, alors qu'il aurait &eacute;t&eacute; politiquement &ndash;et juridiquementIl suffirait de s&rsquo;appuyer sur la violation, par Isra&euml;l, de multiples r&eacute;solutions du Conseil de S&eacute;curit&eacute; des Nations Unies, notamment en ce qui concerne les colonies de Cisjordanie. &ndash; possible de conditionner une partie de ces relations &agrave; la cessation des constructions isra&eacute;liennes en Cisjordanie.<br /><br />2. Privil&eacute;gier des actions diplomatiques avec certains pays europ&eacute;ens, sans attendre un aval unanime des vingt-sept Etats dont l'improbabilit&eacute; est gage d'inaction et d'impuissance.<br /><br />3. Nouer de nouveaux partenariats avec certains grands &eacute;mergents, comme le Br&eacute;sil &ndash;qui a d&eacute;j&agrave; accept&eacute; de reconna&icirc;tre un Etat palestinien s'il &eacute;tait unilat&eacute;ralement proclam&eacute;. <br /><br />4. Faire de la question de la reconnaissance de l&rsquo;Etat palestinien un levier pour le r&eacute;engagement fran&ccedil;ais et europ&eacute;en dans la r&eacute;gion, comme elle aurait d&ucirc; l&rsquo;&ecirc;tre ces derniers mois si la France en avait eu la volont&eacute; politique.<br /><br /></span><strong>C- A plus long terme: redevenir un acteur de s&eacute;curit&eacute; cr&eacute;dible au Moyen-Orient en se donnant les moyens d'y d&eacute;ployer une force d&rsquo;interposition</strong><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br />La capacit&eacute; europ&eacute;enne &agrave; agir en propre, en conformit&eacute; avec sa position &ndash;constante depuis des d&eacute;cennies&ndash; en faveur d&rsquo;une paix &agrave; deux EtatsSous l&rsquo;impulsion de la France, qui avait ouvert un bureau de repr&eacute;sentation diplomatique de l&rsquo;Organisation de Lib&eacute;ration de la Palestine (OLP) d&egrave;s 1975, l&rsquo;Europe des Neuf avait notamment reconnu, en juin 1980, dans la D&eacute;claration de Venise, l&rsquo;OLP comme partenaire incontournable d&rsquo;Isra&euml;l dans toute n&eacute;gociation de paix avec les Palestiniens et pr&eacute;conisait la cr&eacute;ation d&rsquo;un Etat palestinien &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s, se mesurera ultimement par sa capacit&eacute; &agrave; d&eacute;ployer au Moyen-Orient une force d&rsquo;interposition robuste, &agrave; l&rsquo;issue d&rsquo;une n&eacute;gociation sur un trait&eacute; de paix. Une telle force d&rsquo;interposition devra alors &ecirc;tre capable de s&rsquo;interposer &ldquo;dans les deux sens&rdquo;, de faire obtemp&eacute;rer ceux qui enfreindraient les accords du c&ocirc;t&eacute; palestinien et arabe comme du c&ocirc;t&eacute; isra&eacute;lien.<br /><br />Pour ce faire, l'Europe devra op&eacute;rer une r&eacute;volution mentale: les soldats europ&eacute;ens qui y seront alors d&eacute;ploy&eacute;s devront disposer de r&egrave;gles d'engagement suffisamment claires pour &ecirc;tre en mesure de dissuader Tsahal, l'une des arm&eacute;es les mieux entra&icirc;n&eacute;es et &eacute;quip&eacute;es au monde.<br /><br />Les soldats europ&eacute;ens devront &ecirc;tre en mesure de se prot&eacute;ger contre les pressions et intimidations qui ne manqueront pas de venir des deux parties.<br /><br />Les implications concr&egrave;tes d'une telle intervention pourront &ecirc;tre les suivantes:<br /><br />&bull; Les soldats de la force d&rsquo;interposition ne pourront pas &ecirc;tre de n&rsquo;importe quelle nationalit&eacute; en Europe. Les soldats allemands ou polonais choisiront sans doute de ne pas faire partie de la force qui sera d&eacute;ploy&eacute;e entre Palestiniens et Isra&eacute;liens.<br /><br />&bull; La nature extr&ecirc;mement d&eacute;licate de la mission, d'un point de vue tant militaire que politique et symbolique, exigera d'attribuer un r&ocirc;le d'encadrement singulier aux deux grandes nations militaires de l&rsquo;Europe, la France et le Royaume-Uni, qui ont d&eacute;montr&eacute;, en Libye, une volont&eacute; de coop&eacute;ration militaire bilat&eacute;rale renouvel&eacute;e, et une capacit&eacute; &agrave; s'impliquer diplomatiquement et militairement en M&eacute;diterran&eacute;e orientaleLe duo franco-britannique a notamment jou&eacute; un r&ocirc;le moteur dans le vote de la r&eacute;solution 1973 du Conseil de S&eacute;curit&eacute; des Nations Unies, qui a conduit &agrave; l&rsquo;op&eacute;ration militaire en Libye. Les deux pays ont conjointement effectu&eacute; 80% des raids a&eacute;riens contre les troupes fid&egrave;les &agrave; Kadhafi de mars &agrave; octobre 2011. Le trait&eacute; de d&eacute;fense bilat&eacute;ral sign&eacute; entre les deux Etats le 2 novembre 2010, outre sa dimension nucl&eacute;aire, &eacute;voquait d&rsquo;ailleurs la constitution d&rsquo;une force exp&eacute;ditionnaire conjointe de plusieurs milliers d&rsquo;hommes. Elle trouverait sans doute au Proche-Orient </span><span style="font:12px Verdana, serif; "><a href="www.lemonde.fr/europe/article/2010/11/02/paris-et-londres-vont-renforcer-leur-cooperation-dans-le-domaine-des-armes-nucleaires_1434101_3214.html et http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/12/02/la-cooperation-militaire-franco-britannique-progresse-a-petits-pas_1611088_3214.html" rel="self">un terrain d'engagement parfaitement pertinent</a></span><span style="font:12px Verdana, serif; ">.<br /><br />&bull; Il sera parall&egrave;lement opportun de renforcer le r&ocirc;le jou&eacute; par la Politique de S&eacute;curit&eacute; et de D&eacute;fense Commune (PSDC, anciennement PESD), notamment dans sa dimension civilo-militaire &ndash;missions de renforcement de l&rsquo;Etat de droit dans le futur Etat palestinien, formation des forces de police etc. L'Union europ&eacute;enne doit accepter de donner priorit&eacute;, en mati&egrave;re d'engagements ext&eacute;rieurs, au terrain isra&eacute;lo-palestinien.<br /><br />A ses d&eacute;buts, la paix qui s&rsquo;&eacute;tablira entre Isra&euml;l et le futur Etat palestinien n&rsquo;aura rien d&rsquo;idyllique ou de beau &agrave; montrer &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision. Mais la France et l'Europe pourront jouer un r&ocirc;le central pour aider Palestiniens et Isra&eacute;liens &agrave; &ldquo;divorcer&rdquo;, selon la formule d'Amos Oz, avant qu'ils ne puissent entamer une coexistence pacifique qui m&eacute;nera un jour &agrave; une r&eacute;conciliation originellement aussi difficile &agrave; imaginer que celle qui s'est construite entre la France et l'Allemagne.<br /><br />La France n'est &eacute;videmment pas seule; elle doit n&eacute;anmoins porter cette ambition, et contribuer &agrave; rompre avec l'impuissance europ&eacute;enne actuelle &ndash;ce qu'Hubert V&eacute;drine appelle les illusions de l'&ldquo;Irrealpolitik europ&eacute;enne&rdquo;.</span><span style="font:15px Verdana, serif; "></div><br /></span><p style="text-align:justify;"><span style="font:15px Verdana, serif; "><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:15px Verdana, serif; font-weight:bold; color:#FF0000;font-weight:bold; ">Francesco Avvisati, Guillaume Calafat, Mathias Chichportich, Henry J. Dicks, Sophie Duval, Manon Garcia, Fr&eacute;d&eacute;ric Gloriant, Pierre Haroche, Harold Huwart, Damien Ientile, Julien Jeanneney, Emmanuel Martin, Sandrine M&eacute;nard, Matthieu Niango, Jeanne-Marie Roux</span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Longue vie &#xe0; Claude Gu&#xe9;ant &#x21;&#x2c; par Matthieu Niango</title><dc:creator>contact@changerlagauche.fr</dc:creator><category>Billets d&#x27;humeur</category><dc:date>2012-02-09T11:17:44+01:00</dc:date><link>http://www.changerlagauche.fr/index_files/35b1bf509c622b2e987184187a59320b-80.php#unique-entry-id-80</link><guid isPermaLink="true">http://www.changerlagauche.fr/index_files/35b1bf509c622b2e987184187a59320b-80.php#unique-entry-id-80</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="266674_le-ministre-de-l-interieur-claude-gueant-lors-d-une-visite-a-la-prefecture-de-police-de-paris-le-11-mars-2011" width="216" height="187" src="http://www.changerlagauche.fr/index_files/page2_blog_entry80-266674_le-ministre-de-l-interieur-claude-gueant-lors-d-une-visite-a-la-prefecture-de-police-de-paris-le-11-mars-2011.jpg" /></div><span style="font:15px Verdana, serif; "><br><br><div align="justify"></span><span style="font:63px Verdana, serif; color:#FF0000;">C</span><span style="font:12px Verdana, serif; ">laude Gu&eacute;ant ne doit pas en revenir. Lui qui n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; &eacute;lu peut dire, au nom de la France, tout ce qu&rsquo;il veut et m&ecirc;me n&rsquo;importe quoi. Seulement, &agrave; d&eacute;faut de lui demander de lire </span><span style="font:12px Verdana-Italic; "><em>la Princesse de Cl&egrave;ves</em></span><span style="font:12px Verdana, serif; ">, on est en droit de lui rappeler qu&rsquo;il faut &ecirc;tre un peu rigoureux quand on fait usage de concepts aussi charg&eacute;s de sens et de conflits potentiels que celui de civilisation. Car que voulait-il dire au juste quand il affirmait, devant des &eacute;tudiants de l&rsquo;UNI, puis au micro de RTL, que "toutes les civilisations ne se valent pas", que "celles qui d&eacute;fendent l'humanit&eacute; nous paraissent plus avanc&eacute;es que celles qui la nient", que "celles qui d&eacute;fendent la libert&eacute;, l'&eacute;galit&eacute; et la fraternit&eacute;, nous paraissent sup&eacute;rieures &agrave; celles qui acceptent la tyrannie, la minorit&eacute; des femmes, la haine sociale ou ethnique" ? <br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br />Identifiait-il le mot de civilisation &agrave; un ensemble de pratiques et de mani&egrave;res de penser transmises de g&eacute;n&eacute;ration en g&eacute;n&eacute;ration au sein d&rsquo;un groupe humain qui s&rsquo;y reconnait ? En somme, prenait-il "civilisation" pour un synonyme de "culture"&nbsp;? Mais, s&rsquo;il s&rsquo;&eacute;tait agi, selon lui, de d&eacute;fendre la culture fran&ccedil;aise, on comprendrait mal pourquoi il aurait, comme il l&rsquo;a fait plus loin dans sa d&eacute;claration, oppos&eacute; "notre" civilisation, &agrave; la France d&rsquo;avant 1945 (moment du vote des femmes) ou 1981 (abolition de la peine de mort). La civilisation entendue comme culture ou comme n&rsquo;importe quoi d&rsquo;autre n&rsquo;est pas un instantan&eacute;, mais se constitue dans le temps.<br /> <br />Entendait-il alors par civilisation un ensemble culturel transnational, soutenu par une vision du monde tendant &agrave; l&rsquo;unit&eacute;&nbsp;? Parlait-il en somme de la civilisation chr&eacute;tienne&nbsp;? Saint Paul pourtant n&rsquo;est pas un f&eacute;ministe, qui d&eacute;clare, dans son </span><span style="font:12px Verdana-Italic; "><em>Ep&icirc;tre aux Eph&eacute;siens</em></span><span style="font:12px Verdana, serif; ">&nbsp;: "Femmes, soyez soumises &agrave; vos maris, comme au Seigneur ; en effet, le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l'&Eacute;glise, qui est son corps, et dont il est le Sauveur. Or, de m&ecirc;me que l'&Eacute;glise est soumise &agrave; Christ, les femmes aussi doivent l'&ecirc;tre &agrave; leurs maris en toutes  choses". Et en lisant par exemple Saint-Augustin, on ne voit pas que la civilisation chr&eacute;tienne ait toujours &eacute;t&eacute; port&eacute;e &agrave; la tol&eacute;rance. Le P&egrave;re de l&rsquo;Eglise estime la libert&eacute; de culte incompatible avec la Bible. On y lit en effet, dans une parabole de l&rsquo;Evangile de Luc, plac&eacute;s dans la bouche d&rsquo;un Ma&icirc;tre &agrave; qui son serviteur demande ce qu&rsquo;il doit faire si les invit&eacute;s qu&rsquo;il l&rsquo;envoie chercher refusent de venir chez lui, ces mots qui sonnent pour Augustin comme une sentence de mort &agrave; l&rsquo;endroit de tous les incroyants&nbsp;: "Tu les forceras &agrave; entrer".<br /> <br />C&rsquo;est que le mot de "civilisation" recouvre un troisi&egrave;me sens encore, qui rel&egrave;gue la comparaison entre Musulmans, Chr&eacute;tiens, Chinois ou Hottentots, au rang de funeste niaiserie. "Notre civilisation", comme le dit pompeusement Gu&eacute;ant, en tant que mise en commun de ce que les cultures ont de meilleur, en tant que point de convergence du </span><span style="font:12px Verdana-Italic; "><em>nec plus ultra</em></span><span style="font:12px Verdana, serif; "> de toutes les traditions en lesquelles elle se reconnait, est aussi juive que chr&eacute;tienne, ou musulmane, ou ath&eacute;e. Il suffit d&rsquo;aller &agrave; Cordoue pour prendre la mesure de ce que l&rsquo;Europe doit aux Arabes. Et il faut, de toute urgence, inviter &agrave; faire un tour au Panth&eacute;on ceux qui tiennent Jeanne d&rsquo;Arc pour l&rsquo;unique symbole de la France immortelle&minus;Jeanne, une pucelle br&ucirc;l&eacute;e &agrave; 19 ans dont la v&eacute;n&eacute;ration a sans doute de quoi fasciner plus d&rsquo;un psychanalyste.<br /> <br />Alors contre qui "d&eacute;fendre" cette civilisation occidentale qui se distingue par son aptitude &agrave; tirer le meilleur des mondes avec lesquels elle entre en contact&nbsp;prolong&eacute; ? Existe-t-il des civilisations qui, par essence, pr&ocirc;nent l&rsquo;in&eacute;galit&eacute; entre homme et femme ou bien la haine de l&rsquo;homme par l&rsquo;homme&nbsp;? Ou ces d&eacute;rives sont-elles g&eacute;n&eacute;r&eacute;es par ceux qui cherchent &agrave; d&eacute;finir tous les autres &agrave; l&rsquo;aune de leur petit point de vue, et acc&egrave;dent soudain &agrave; ce pouvoir qui en fait des dangers publics ? Auquel cas le Ministre aurait raison. Mais, en disant "qu&rsquo;il faut d&eacute;fendre notre civilisation", c&rsquo;est contre lui-m&ecirc;me qu&rsquo;il nous mettrait alors en garde.<br /> <br />Danger assur&eacute;ment, et d&rsquo;autant plus aigu que Gu&eacute;ant pense ce qu&rsquo;il dit autant qu&rsquo;il dit ce qu&rsquo;il pense. On le sait tous&nbsp;au fond : en utilisant sans rigueur et sans autre pr&eacute;cision le concept de "civilisation", il s&rsquo;en prend &agrave; tous ceux qui ne sont pas comme lui, ou ne se plient pas facilement &agrave; ce qu&rsquo;il a pr&eacute;vu pour eux. France des petits villages et des vertes&nbsp;collines ;  France de parcs aux t&ecirc;tes blondes et joufflues, jouant sous les regards nonchalants de nurses africaines aux fesses bien rebondies&nbsp;; France de Barr&egrave;s, o&ugrave; l&rsquo;on se salue en sortant de la messe&nbsp;; France du vin et du saucisson, o&ugrave; les immigr&eacute;s sont tol&eacute;r&eacute;s, voire aim&eacute;s comme des fr&egrave;res, mais pas comme des beaux-fr&egrave;res quand m&ecirc;me. R&ecirc;ve de Gu&eacute;ant. Nulle strat&eacute;gie ici. Accordons-lui de croire vraiment que tout &ccedil;a serait mieux pour tout le monde.<br /> <br />Or, &agrave; l&rsquo;&eacute;coute de ses id&eacute;es (mais il se fait ici le porte-parole d&rsquo;une partie de sa majorit&eacute;), le geste de la quasi-totalit&eacute; des commentateurs consiste &agrave; pointer sa soi-disant hypocrisie, sa pr&eacute;tendue volont&eacute; de rafler des voix au FN, ou encore ce qu&rsquo;ils tiennent pour une strat&eacute;gie dangereuse. Depuis le coup des </span><span style="font:12px Verdana-Italic; "><em>Fran&ccedil;ais qui sont plus chez eux</em></span><span style="font:12px Verdana, serif; "> jusqu&rsquo;&agrave; celui des </span><span style="font:12px Verdana-Italic; "><em>immigr&eacute;s responsables des probl&egrave;mes de l&rsquo;&eacute;cole</em></span><span style="font:12px Verdana, serif; ">, en passant par celui de la </span><span style="font:12px Verdana-Italic; "><em>croisade de Sarkozy chez les m&eacute;chants Libyens</em></span><span style="font:12px Verdana, serif; ">, on accueille tous les propos de Claude Gu&eacute;ant avec une stup&eacute;faction qui finit par lasser.<br /><br />Comme si l&rsquo;intol&eacute;rance ne pouvait &ecirc;tre frapp&eacute;e au sceaux de l&rsquo;authenticit&eacute;. Comme si la gauche et la droite r&eacute;publicaine se devaient de qualifier d&rsquo;"hypocrite" tout ce qui sort de leurs sentiers battus. Comme si, en somme, on red&eacute;couvrait chaque jour qu&rsquo;il y a des hommes qui, s&eacute;rieusement, n&rsquo;aiment gu&egrave;re leurs semblables, et peuvent entra&icirc;ner les autres, non dans un filet tendu par une strat&eacute;gie &eacute;lectorale, mais sur le chemin de leur conviction.<br /> <br />C&rsquo;est une mauvaise nouvelle : la civilisation con&ccedil;oit et nourrit en son sein des ennemis tels que Claude Gu&eacute;ant. Etre l&rsquo;occasion de ce rappel &agrave; la vigilance justifie quand m&ecirc;me qu&rsquo;on adresse au Ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur un signe d&rsquo;affection. Alors longue vie &agrave; Claude Gu&eacute;ant&nbsp;! Qu&rsquo;il se r&eacute;jouisse aussi. La victoire de la Gauche aux &eacute;lections de mai, en le d&eacute;chargeant du poids des affaires publiques, lui donnera tout le temps d&rsquo;aller exposer sa pens&eacute;e &agrave; ceux qui l&rsquo;appr&eacute;cieront le mieux&nbsp;: les copains du bistro. </span><span style="font:15px Verdana, serif; "></div><br /></span><p style="text-align:justify;"><span style="font:15px Verdana, serif; "><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:15px Verdana, serif; font-weight:bold; color:#FF0000;font-weight:bold; ">Matthieu Niango</span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>La rigueur peut-elle &#xea;tre de gauche ?&#x2c; par Pierre Haroche</title><dc:creator>contact@changerlagauche.fr</dc:creator><category>Analyses</category><dc:date>2012-01-09T10:31:14+01:00</dc:date><link>http://www.changerlagauche.fr/index_files/b63d0c4174f463115adcb725dab4dab2-79.php#unique-entry-id-79</link><guid isPermaLink="true">http://www.changerlagauche.fr/index_files/b63d0c4174f463115adcb725dab4dab2-79.php#unique-entry-id-79</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="plan-de-rigueur" width="154" height="229" src="http://www.changerlagauche.fr/index_files/page2_blog_entry79-plan-de-rigueur.jpg" /></div><span style="font:15px Verdana, serif; "><br><br><div align="justify"></span><span style="font:63px Verdana, serif; color:#FF0000;">L</span><span style="font:12px Verdana, serif; ">a politique n&rsquo;est pas qu&rsquo;un jeu d&rsquo;&eacute;chec o&ugrave; la victoire reviendrait au candidat ayant r&eacute;ussi &agrave; aligner les meilleurs "coups". C&rsquo;est aussi un jeu biais&eacute; o&ugrave; l&rsquo;actualit&eacute; et les contraintes &eacute;conomiques peuvent favoriser structurellement un camp plus qu&rsquo;un autre. On se souvient que la r&eacute;forme des 35 heures, visant &agrave; partager le travail en p&eacute;riode de fort ch&ocirc;mage, a pu para&icirc;tre d&eacute;cal&eacute;e lors de sa mont&eacute;e en charge &agrave; une &eacute;poque de fortes cr&eacute;ations d&rsquo;emplois et qu&rsquo;inversement, la d&eacute;fiscalisation des heures suppl&eacute;mentaires par Sarkozy est intervenue &agrave; contretemps, en pleine hausse du ch&ocirc;mage. On pourrait en dire autant du bouclier fiscal qui s&rsquo;est av&eacute;r&eacute; ind&eacute;fendable en contexte de crise budg&eacute;taire et de mont&eacute;e des imp&ocirc;ts. Pour &ecirc;tre cr&eacute;dible, il ne suffit donc pas de d&eacute;rouler son programme naturel. Il faut aussi &ecirc;tre soutenu par les r&eacute;alit&eacute;s.<br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br />Dans la campagne actuelle, la partition de la droite semble toute &eacute;crite : il faut assainir les finances et donc maintenir le cap d&rsquo;une politique de rigueur ; la gauche d&eacute;pensi&egrave;re ne ferait qu&rsquo;aggraver la crise et affoler les march&eacute;s. D&rsquo;un autre c&ocirc;t&eacute;, le discours de la gauche de la gauche tend &agrave; confirmer objectivement cette derni&egrave;re th&egrave;se : une vraie politique sociale ne peut que rejeter radicalement la rigueur par refus de s&rsquo;inf&eacute;oder aux march&eacute;s. Sch&eacute;matis&eacute; ainsi, le d&eacute;bat ne laisse aucune marge &agrave; la gauche de gouvernement. D&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; avaler la pilule de l&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; ; de l&rsquo;autre s&rsquo;en remettre &agrave; la planche &agrave; billets. <br /><br />Mais au fait, faire des &eacute;conomies, est-ce fatalement de droite ? En un sens, c&rsquo;est ind&eacute;niable. En r&eacute;duisant les d&eacute;penses, on tend &agrave; r&eacute;duire le service public, &agrave; privatiser davantage la soci&eacute;t&eacute; et donc &agrave; aggraver les in&eacute;galit&eacute;s. Mais pour &ecirc;tre coh&eacute;rent, ce constat doit &ecirc;tre pouss&eacute; jusqu&rsquo;au bout. Si l&rsquo;Etat ne fait que transformer des d&eacute;penses publiques en d&eacute;penses priv&eacute;es, fait-on r&eacute;ellement des &eacute;conomies ? La sant&eacute; d&eacute;montre clairement le contraire. Alors que les Fran&ccedil;ais consacrent 11% de leur PIB en d&eacute;penses de sant&eacute;, les Am&eacute;ricains, avec un syst&egrave;me d&rsquo;assurances essentiellement priv&eacute;es, y consacrent 16% de leur PIB. Pourtant, les Fran&ccedil;ais disposent d&rsquo;une couverture universelle de bonne qualit&eacute; alors que 52 millions d&rsquo;Am&eacute;ricains se sont retrouv&eacute;s sans assurance en 2010. Autrement dit, un euro de d&eacute;pense publique peut &ecirc;tre plus efficace qu&rsquo;un euro de d&eacute;pense priv&eacute;e. Et la vraie rigueur n&rsquo;est pas forc&eacute;ment l&agrave; o&ugrave; on l&rsquo;attend. Il vaut parfois mieux augmenter les imp&ocirc;ts pour maintenir le service public plut&ocirc;t que se tourner vers des entreprises prestataires de services priv&eacute;s qui reviendraient plus cher. Prenons un autre exemple, l&rsquo;&eacute;ducation. Quand l&rsquo;Etat r&eacute;duit les moyens de l&rsquo;&eacute;cole publique, il pousse aussi des familles &agrave; se tourner vers les &eacute;tablissements priv&eacute;s ou les officines de soutien scolaire. Le r&eacute;sultat de cette privatisation silencieuse risque d&rsquo;&ecirc;tre, comme pour la sant&eacute;, un syst&egrave;me plus cher et moins efficace car plus in&eacute;galitaire. A moyen terme, les coupes dans les d&eacute;penses de l&rsquo;Etat ne sont donc pas forc&eacute;ment synonymes de gestion rigoureuse, bien au contraire.<br /><br />En 2007, Sarkozy a lanc&eacute; la "r&eacute;vision g&eacute;n&eacute;rale des politiques publiques" dont la mesure phare a &eacute;t&eacute; le non-remplacement d&rsquo;un fonctionnaire partant &agrave; la retraite sur deux. Pourtant, l&rsquo;objectif selon lequel chaque euro d&eacute;pens&eacute; doit l&rsquo;&ecirc;tre de la fa&ccedil;on la plus efficace possible ne doit pas &ecirc;tre d&eacute;daign&eacute;. La rigueur peut &ecirc;tre de gauche, &agrave; condition de ne pas &ecirc;tre envisag&eacute;e seulement au niveau de l&rsquo;Etat, mais &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle de la soci&eacute;t&eacute; toute enti&egrave;re, pour en finir avec les fausses &eacute;conomies qui finissent par alourdir les factures des Fran&ccedil;ais. Les d&eacute;penses publiques doivent &ecirc;tre &eacute;valu&eacute;es non dans l&rsquo;absolu, mais en comparaison avec les solutions priv&eacute;es qui rempliraient le vide du d&eacute;sengagement. Car plus un probl&egrave;me est soumis &agrave; l&rsquo;interd&eacute;pendance des citoyens entre eux et g&eacute;n&egrave;re des externalit&eacute;s qu&rsquo;ils ne peuvent ma&icirc;triser individuellement, plus il est crucial de lui apporter des solutions collectives, moins co&ucirc;teuses gr&acirc;ce aux &eacute;conomies d&rsquo;&eacute;chelle et plus efficaces gr&acirc;ce &agrave; une couverture g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e de la population. Par exemple, un rapport a montr&eacute; que la r&eacute;forme visant &agrave; faire payer les sans-papiers pour l&rsquo;acc&egrave;s aux soins conduisait en r&eacute;alit&eacute; &agrave; augmenter les d&eacute;penses publiques, en incitant les malades &agrave; ne pas se faire soigner et donc en retardant la prise en charge et en augmentant les risques de diss&eacute;mination des maladies. Ou comment le d&eacute;sengagement du public finit par lui co&ucirc;ter cher ! Une r&eacute;vision g&eacute;n&eacute;rale des politiques publiques de gauche devrait ainsi &ecirc;tre capable d&rsquo;ordonner clairement les priorit&eacute;s entre les missions o&ugrave; la d&eacute;pense publique doit &ecirc;tre sanctuaris&eacute;e voire augment&eacute;e, m&ecirc;me en p&eacute;riode de crise, tout simplement parce qu&rsquo;elle est plus rentable que la d&eacute;pense priv&eacute;e et d&rsquo;autre part les missions o&ugrave; cet avantage est moins d&eacute;cisif ou inexistant. Pour reprendre l&rsquo;exemple de l&rsquo;&eacute;ducation, il devient absurde de ne pas allouer des moyens publics nettement plus importants &agrave; l&rsquo;encadrement personnalis&eacute; des &eacute;l&egrave;ves, dans la mesure o&ugrave; de plus en plus de parents sont de toute fa&ccedil;on pr&ecirc;ts &agrave; d&eacute;penser des sommes importantes pour obtenir ce service du priv&eacute; si le public n&rsquo;y r&eacute;pond pas. Une solution passant par l&rsquo;imp&ocirc;t et l&rsquo;&eacute;cole publique serait certainement plus rationnelle et plus &eacute;conomique &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle de la soci&eacute;t&eacute; que la solution commerciale qui se d&eacute;veloppe actuellement. Voil&agrave; qui donnerait d&rsquo;ailleurs un sens nettement plus pr&eacute;cis et ambitieux &agrave; la promesse de Fran&ccedil;ois Hollande de revenir sur les suppressions de postes dans l&rsquo;Education nationale. <br /><br />Ceux qui &agrave; gauche rejettent l&rsquo;id&eacute;e de rigueur budg&eacute;taire comme une politique n&eacute;cessairement de droite sont en fait victimes d&rsquo;une id&eacute;e-re&ccedil;ue de droite. Les d&eacute;penses publiques seraient un pur co&ucirc;t. Il faudrait les d&eacute;fendre comme un luxe auquel on serait trop attach&eacute; pour y renoncer. Profitons de la crise pour nous rappeler cette r&eacute;alit&eacute; : le service public, &ccedil;a sert &agrave; faire des &eacute;conomies.</span><span style="font:15px Verdana, serif; "></div><br /></span><p style="text-align:justify;"><span style="font:15px Verdana, serif; "><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:15px Verdana, serif; font-weight:bold; color:#FF0000;font-weight:bold; ">Pierre Haroche</span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Zuma&#x2c; Strauss-Kahn et les grands hommes&#x2c; par Matthieu Niango</title><dc:creator>contact@changerlagauche.fr</dc:creator><category>Analyses</category><dc:date>2011-08-29T16:14:43+02:00</dc:date><link>http://www.changerlagauche.fr/index_files/dd2e86647110344479158b44eb3a6bb3-78.php#unique-entry-id-78</link><guid isPermaLink="true">http://www.changerlagauche.fr/index_files/dd2e86647110344479158b44eb3a6bb3-78.php#unique-entry-id-78</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="jacob-zuma" width="255" height="173" src="http://www.changerlagauche.fr/index_files/page2_blog_entry78-Zuma.jpg" /></div><span style="font:15px Verdana, serif; "><br><br><div align="justify"></span><span style="font:63px Verdana, serif; color:#FF0000;">E</span><span style="font:12px Verdana, serif; ">n mai 2009, Jacob Zuma devenait pr&eacute;sident de la R&eacute;publique d&rsquo;Afrique du Sud. En mai 2012, Dominique Strauss-Kahn ne deviendra pas pr&eacute;sident de la R&eacute;publique fran&ccedil;aise. Le parall&egrave;le entre les deux hommes ne se limite pourtant pas &agrave; l&rsquo;identit&eacute; des ambitions, ici frustr&eacute;es, l&agrave; satisfaites. Tous deux eurent &agrave; faire face &agrave; une accusation de viol. Tous deux furent victorieux sur le plan judiciaire. Il n&rsquo;en va pas de m&ecirc;me sur le plan politique. Le proc&egrave;s Zuma s&rsquo;est m&ucirc; pour ce dernier en catalyseur de popularit&eacute;. Les &eacute;preuves l&rsquo;ont propuls&eacute; hors de port&eacute;e des feux nourris de ses ennemis, alors qu&rsquo;elles ont abattu en plein vol l&rsquo;ancien patron du FMI. Un rapprochement et un &eacute;cart qui sont bien instructifs sur l&rsquo;&eacute;tat de la d&eacute;mocratie fran&ccedil;aise.<br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; ">Au moment des accusations, les deux hommes &eacute;taient tenus pour les favoris des &eacute;lections pr&eacute;sidentielles, du fait de leur exp&eacute;rience (ils ont sensiblement le m&ecirc;me &acirc;ge et leur engagement politique ne date pas d&rsquo;hier), mais aussi parce qu&rsquo;ils semblaient s&rsquo;&ecirc;tre tenus &agrave; l&rsquo;&eacute;cart des errements les plus r&eacute;cents de leur camp respectif. En 2007, en portant plainte contre Zuma, c&rsquo;est &agrave; un vice-pr&eacute;sident qui jouait la carte de la rupture qu&rsquo;une jeune femme surnomm&eacute;e Kwezi s&rsquo;attaquait. Zuma se pr&eacute;sentait comme le repr&eacute;sentant du peuple aux mains li&eacute;es par les politiques lib&eacute;rales de Thabo Mbeki, alors pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Mais tout le monde savait que son heure viendrait. Depuis sa fonction de directeur du FMI, Strauss-Khan pouvait aussi passer pour l&rsquo;homme providentiel, qui sortirait de l&rsquo;ombre au bon moment pour remettre de l&rsquo;ordre dans les rangs d&rsquo;un PS d&eacute;rout&eacute; par la brutalit&eacute; de Nicolas Sarkozy. <br /></span><p style="text-align:justify;"><span style="font:12px Verdana, serif; "><br />Le surgissement des th&eacute;matiques sordides que le viol emporte avec lui vinrent ainsi troubler ces tableaux radieux. L&rsquo;&eacute;cho du proc&egrave;s Zuma se limita pour l&rsquo;essentiel &agrave; son pays (qui n&rsquo;en perdit pas un d&eacute;tail) tandis que la stature internationale de Dominique Strauss-Kahn valut &agrave; son affaire de m&oelig;urs une audience sans autre pr&eacute;c&eacute;dent que celle de Clinton. Dans les deux cas, on put observer le d&eacute;calage entre la temporalit&eacute; des choses et celle des m&eacute;dias qui en parlent. Une nouvelle "d&eacute;cisive" &eacute;tait r&eacute;fut&eacute;e par une autre qu&rsquo;on pouvait lire le lendemain matin, rapport&eacute;e avec les m&ecirc;mes accents de certitude d&eacute;finitive. Incapable de synth&egrave;ses partielles et de prudence, la presse fran&ccedil;aise s&rsquo;est ainsi particuli&egrave;rement illustr&eacute;e dans cette technique de la nouvelle haletante, que scandait le rythme des jours, insouciant d&rsquo;un proc&egrave;s qui n&rsquo;est jamais que de longue haleine. <br /><br />Puisqu&rsquo;il fallait, pour </span><span style="font:12px Verdana, serif; "><a href="http://vimeo.com/10756835" rel="self">l&rsquo;affaire Zuma</a></span><span style="font:12px Verdana, serif; "> comme pour l&rsquo;affaire Strauss-Khan, que les colonnes s&rsquo;emplissent, on a aussi d&eacute;ploy&eacute; comme jamais l&rsquo;art de parler pour ne rien dire. Partout chacun semblait avoir choisi son camp avant m&ecirc;me que de savoir quoique ce soit. Les Noirs et les amoureux inconditionnels du peuple avaient choisi Zuma d&egrave;s le premier jour. Les &eacute;lites politiques, intellectuelles et &eacute;conomiques de gauche (et m&ecirc;me parfois de droite) avaient pris parti pour Strauss-Khan au moment m&ecirc;me d&rsquo;apprendre qu&rsquo;il &eacute;tait arr&ecirc;t&eacute;. Le jour m&ecirc;me de l&rsquo;affaire, on put ainsi entendre l&rsquo;&eacute;crivain Pascal Bruckner expliquer doctement aux imb&eacute;ciles que nous sommes que l&rsquo;Am&eacute;rique puritaine trouvait simplement dans l&rsquo;affaire Strauss-Khan le moyen d&rsquo;&eacute;tancher sa passion pour le voyeurisme, et qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas l&agrave; de quoi fouetter un chat. <br /><br />Ces prises de position h&acirc;tives montrent que les cartes politiques sont brouill&eacute;es. L&rsquo;avenir de Dominique Strauss-Kahn fut desservi bien malgr&eacute; lui par ce soutien massif des &eacute;lites de tout bord, qui n&rsquo;avaient gu&egrave;re h&eacute;sit&eacute; entre la prudence et un soutien que leur dictait leur conscience de classe. Un soutien confirm&eacute; ces jours-ci par la joie et les f&eacute;licitations qui ont fait suite &agrave; l&rsquo;annonce de l&rsquo;abandon des poursuites p&eacute;nales. <br /><br />A quelques mois du moment le plus important de leur carri&egrave;re, les risques pris par les deux hommes demeurent pourtant inexplicables si l&rsquo;on s&rsquo;en tient &agrave; une analyse classique de la rationalit&eacute;. Pourquoi Zuma a-t-il eu un rapport sexuel avec une femme qui le tenait pour son oncle et dont il connaissait l&rsquo;instabilit&eacute; psychique&nbsp;? Pourquoi le candidat Strauss-Kahn a-t-il eu une "relation pr&eacute;cipit&eacute;e" (selon l&rsquo;expression consacr&eacute;e par les sexologues) avec une femme qu&rsquo;il connaissait depuis 10 minutes&nbsp;? Dans les deux cas, la personnalit&eacute; des plaignantes et leur comportement juste apr&egrave;s les faits ne rendit pas impossible l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un complot foment&eacute; par l&rsquo;adversaire, ce qu&rsquo;auraient d&ucirc; pr&eacute;voir de toute fa&ccedil;on les deux hommes. Il n&rsquo;en fut rien. Forces inconscientes qui s&rsquo;emparent quelque fois de nous et nous font agir &agrave; notre d&eacute;triment. Ces forces, la puissance m&eacute;diatique contemporaine, malgr&eacute; tous ses d&eacute;fauts, les place sous les feux de notre r&eacute;flexion. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de Zuma, de Strauss-Khan, ou de qui que ce soit d&rsquo;autre, il faut admettre que le Moi n&rsquo;est pas ma&icirc;tre chez lui. On finira peut-&ecirc;tre par penser qu&rsquo;un homme seul n&rsquo;est pas plus apte &agrave; prendre des d&eacute;cisions rationnelles que plusieurs, et que l&rsquo;id&eacute;e qui justifie la centralisation politique (on s&rsquo;entend mieux si l&rsquo;on est moins nombreux que si l&rsquo;on est plusieurs) fait trop vite liti&egrave;re des contradictions dont chacun est porteur. Des contradictions que le dialogue avec autrui peut pr&eacute;cis&eacute;ment faire &eacute;clater au grand jour. On finira peut-&ecirc;tre par remiser le mythe du grand homme solitaire, "ma&icirc;tre de lui comme de l&rsquo;univers", au placard des croyances aussi rassurantes que funestes. <br /><br />C&rsquo;est probablement cette foi dans l&rsquo;existence des grands hommes qui fait la diff&eacute;rence entre le destin de Strauss-Kahn en France et celui de Zuma en Afrique du Sud. Aur&eacute;ol&eacute; par la lutte contre le r&eacute;gime raciste de l&rsquo;apartheid, soutenu par le peuple dont il se dit le d&eacute;fenseur, le futur pr&eacute;sident sud-africain &eacute;tait sorti grandi d&rsquo;un &eacute;pisode qu&rsquo;il avait su habilement placer dans la continuit&eacute; de son combat de l&rsquo;ombre pour l&rsquo;&eacute;galit&eacute; entre Blancs et Noirs. Nous sommes quant &agrave; nous loin des circonstances qui font les h&eacute;ros politiques. Les grandes qualit&eacute;s d&rsquo;&eacute;conomiste de l&rsquo;ancien ministre ne justifiaient pas aux yeux des Fran&ccedil;ais qu&rsquo;on vole &agrave; son secours &agrave; tout prix. Strauss-Kahn au sol, le peuple de gauche est pass&eacute; &agrave; autre chose, quoiqu&rsquo;il en f&ucirc;t de sa culpabilit&eacute;. En terme de voix, et comme le montrent tous les sondages, le parti socialiste n&rsquo;a pas grandement souffert du d&eacute;saveu de son champion le plus brillant. En France, le temps de l&rsquo;illusion du grand homme semble ainsi devoir s&rsquo;&eacute;loigner inexorablement. Chacun sait d&eacute;sormais qu&rsquo;il est interchangeable. Il faut s&rsquo;en r&eacute;jouir&nbsp;: cela augure d&rsquo;une prise en main du peuple par lui-m&ecirc;me. Et seuls les amoureux du sang et de la mort peuvent vouloir ces guerres et ces crises qui requi&egrave;rent des personnalit&eacute;s exceptionnelles ou les font na&icirc;tre. Il est &agrave; souhaiter que l&rsquo;intendance institutionnelle suive ici l&rsquo;&eacute;volution des m&oelig;urs politiques. Il serait beau que l&rsquo;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle cesse d&rsquo;&ecirc;tre ce rite superstitieux o&ugrave; tout un pays semble jouer son destin sur un coup de d&eacute;. Quant &agrave; Dominique Strauss-Kahn, il a des raisons aujourd&rsquo;hui de regretter de ne pas &ecirc;tre sud-africain.</span><span style="font:15px Verdana, serif; "></div><br /></span><span style="font:15px Verdana, serif; "><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:15px Verdana, serif; font-weight:bold; color:#FF0000;font-weight:bold; ">Matthieu Niango</span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span></p>]]></content:encoded></item></channel>
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