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<title>Changer la gauche</title><link>http://www.changerlagauche.fr/index.php</link><description>A l&#x27;articulation du monde universitaire et du monde politique</description><dc:language>(null)</dc:language><dc:creator>contact@changerlagauche.fr</dc:creator><dc:rights>Copyright 2010 Club Changer la gauche</dc:rights><dc:date>2012-01-09T10:31:14+01:00</dc:date><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.realmacsoftware.com/" />
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<lastBuildDate>Mon, 09 Jan 2012 10:40:32 +0100</lastBuildDate><itunes:author>Changer la gauche</itunes:author><itunes:owner><itunes:name>Changer la gauche</itunes:name><itunes:email>contact@changerlagauche.fr</itunes:email></itunes:owner><itunes:category text="Think tank"/><itunes:subtitle>A l&#x27;articulation du monde universitaire et du monde politique</itunes:subtitle><itunes:summary>A l&#x27;articulation du monde universitaire et du monde politique&#x2c; le Club Changer la gauche explore de nombreuses questions  aujourd&#x27;hui trop souvent d&#xe9;laiss&#xe9;s par la gauche.</itunes:summary><itunes:image href="http://www.changerlagauche.fr/index_files/podcast_channel.png" /><item><title>La rigueur peut-elle &#xea;tre de gauche ?&#x2c; par Pierre Haroche</title><dc:creator>contact@changerlagauche.fr</dc:creator><category>Analyses</category><dc:date>2012-01-09T10:31:14+01:00</dc:date><link>http://www.changerlagauche.fr/index_files/b63d0c4174f463115adcb725dab4dab2-79.php#unique-entry-id-79</link><guid isPermaLink="true">http://www.changerlagauche.fr/index_files/b63d0c4174f463115adcb725dab4dab2-79.php#unique-entry-id-79</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="plan-de-rigueur" width="154" height="229" src="http://www.changerlagauche.fr/index_files/page2_blog_entry79-plan-de-rigueur.jpg" /></div><span style="font:15px Verdana, serif; "><br><br><div align="justify"></span><span style="font:63px Verdana, serif; color:#FF0000;">L</span><span style="font:12px Verdana, serif; ">a politique n&rsquo;est pas qu&rsquo;un jeu d&rsquo;&eacute;chec o&ugrave; la victoire reviendrait au candidat ayant r&eacute;ussi &agrave; aligner les meilleurs "coups". C&rsquo;est aussi un jeu biais&eacute; o&ugrave; l&rsquo;actualit&eacute; et les contraintes &eacute;conomiques peuvent favoriser structurellement un camp plus qu&rsquo;un autre. On se souvient que la r&eacute;forme des 35 heures, visant &agrave; partager le travail en p&eacute;riode de fort ch&ocirc;mage, a pu para&icirc;tre d&eacute;cal&eacute;e lors de sa mont&eacute;e en charge &agrave; une &eacute;poque de fortes cr&eacute;ations d&rsquo;emplois et qu&rsquo;inversement, la d&eacute;fiscalisation des heures suppl&eacute;mentaires par Sarkozy est intervenue &agrave; contretemps, en pleine hausse du ch&ocirc;mage. On pourrait en dire autant du bouclier fiscal qui s&rsquo;est av&eacute;r&eacute; ind&eacute;fendable en contexte de crise budg&eacute;taire et de mont&eacute;e des imp&ocirc;ts. Pour &ecirc;tre cr&eacute;dible, il ne suffit donc pas de d&eacute;rouler son programme naturel. Il faut aussi &ecirc;tre soutenu par les r&eacute;alit&eacute;s.<br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br />Dans la campagne actuelle, la partition de la droite semble toute &eacute;crite : il faut assainir les finances et donc maintenir le cap d&rsquo;une politique de rigueur ; la gauche d&eacute;pensi&egrave;re ne ferait qu&rsquo;aggraver la crise et affoler les march&eacute;s. D&rsquo;un autre c&ocirc;t&eacute;, le discours de la gauche de la gauche tend &agrave; confirmer objectivement cette derni&egrave;re th&egrave;se : une vraie politique sociale ne peut que rejeter radicalement la rigueur par refus de s&rsquo;inf&eacute;oder aux march&eacute;s. Sch&eacute;matis&eacute; ainsi, le d&eacute;bat ne laisse aucune marge &agrave; la gauche de gouvernement. D&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; avaler la pilule de l&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; ; de l&rsquo;autre s&rsquo;en remettre &agrave; la planche &agrave; billets. <br /><br />Mais au fait, faire des &eacute;conomies, est-ce fatalement de droite ? En un sens, c&rsquo;est ind&eacute;niable. En r&eacute;duisant les d&eacute;penses, on tend &agrave; r&eacute;duire le service public, &agrave; privatiser davantage la soci&eacute;t&eacute; et donc &agrave; aggraver les in&eacute;galit&eacute;s. Mais pour &ecirc;tre coh&eacute;rent, ce constat doit &ecirc;tre pouss&eacute; jusqu&rsquo;au bout. Si l&rsquo;Etat ne fait que transformer des d&eacute;penses publiques en d&eacute;penses priv&eacute;es, fait-on r&eacute;ellement des &eacute;conomies ? La sant&eacute; d&eacute;montre clairement le contraire. Alors que les Fran&ccedil;ais consacrent 11% de leur PIB en d&eacute;penses de sant&eacute;, les Am&eacute;ricains, avec un syst&egrave;me d&rsquo;assurances essentiellement priv&eacute;es, y consacrent 16% de leur PIB. Pourtant, les Fran&ccedil;ais disposent d&rsquo;une couverture universelle de bonne qualit&eacute; alors que 52 millions d&rsquo;Am&eacute;ricains se sont retrouv&eacute;s sans assurance en 2010. Autrement dit, un euro de d&eacute;pense publique peut &ecirc;tre plus efficace qu&rsquo;un euro de d&eacute;pense priv&eacute;e. Et la vraie rigueur n&rsquo;est pas forc&eacute;ment l&agrave; o&ugrave; on l&rsquo;attend. Il vaut parfois mieux augmenter les imp&ocirc;ts pour maintenir le service public plut&ocirc;t que se tourner vers des entreprises prestataires de services priv&eacute;s qui reviendraient plus cher. Prenons un autre exemple, l&rsquo;&eacute;ducation. Quand l&rsquo;Etat r&eacute;duit les moyens de l&rsquo;&eacute;cole publique, il pousse aussi des familles &agrave; se tourner vers les &eacute;tablissements priv&eacute;s ou les officines de soutien scolaire. Le r&eacute;sultat de cette privatisation silencieuse risque d&rsquo;&ecirc;tre, comme pour la sant&eacute;, un syst&egrave;me plus cher et moins efficace car plus in&eacute;galitaire. A moyen terme, les coupes dans les d&eacute;penses de l&rsquo;Etat ne sont donc pas forc&eacute;ment synonymes de gestion rigoureuse, bien au contraire.<br /><br />En 2007, Sarkozy a lanc&eacute; la "r&eacute;vision g&eacute;n&eacute;rale des politiques publiques" dont la mesure phare a &eacute;t&eacute; le non-remplacement d&rsquo;un fonctionnaire partant &agrave; la retraite sur deux. Pourtant, l&rsquo;objectif selon lequel chaque euro d&eacute;pens&eacute; doit l&rsquo;&ecirc;tre de la fa&ccedil;on la plus efficace possible ne doit pas &ecirc;tre d&eacute;daign&eacute;. La rigueur peut &ecirc;tre de gauche, &agrave; condition de ne pas &ecirc;tre envisag&eacute;e seulement au niveau de l&rsquo;Etat, mais &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle de la soci&eacute;t&eacute; toute enti&egrave;re, pour en finir avec les fausses &eacute;conomies qui finissent par alourdir les factures des Fran&ccedil;ais. Les d&eacute;penses publiques doivent &ecirc;tre &eacute;valu&eacute;es non dans l&rsquo;absolu, mais en comparaison avec les solutions priv&eacute;es qui rempliraient le vide du d&eacute;sengagement. Car plus un probl&egrave;me est soumis &agrave; l&rsquo;interd&eacute;pendance des citoyens entre eux et g&eacute;n&egrave;re des externalit&eacute;s qu&rsquo;ils ne peuvent ma&icirc;triser individuellement, plus il est crucial de lui apporter des solutions collectives, moins co&ucirc;teuses gr&acirc;ce aux &eacute;conomies d&rsquo;&eacute;chelle et plus efficaces gr&acirc;ce &agrave; une couverture g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e de la population. Par exemple, un rapport a montr&eacute; que la r&eacute;forme visant &agrave; faire payer les sans-papiers pour l&rsquo;acc&egrave;s aux soins conduisait en r&eacute;alit&eacute; &agrave; augmenter les d&eacute;penses publiques, en incitant les malades &agrave; ne pas se faire soigner et donc en retardant la prise en charge et en augmentant les risques de diss&eacute;mination des maladies. Ou comment le d&eacute;sengagement du public finit par lui co&ucirc;ter cher ! Une r&eacute;vision g&eacute;n&eacute;rale des politiques publiques de gauche devrait ainsi &ecirc;tre capable d&rsquo;ordonner clairement les priorit&eacute;s entre les missions o&ugrave; la d&eacute;pense publique doit &ecirc;tre sanctuaris&eacute;e voire augment&eacute;e, m&ecirc;me en p&eacute;riode de crise, tout simplement parce qu&rsquo;elle est plus rentable que la d&eacute;pense priv&eacute;e et d&rsquo;autre part les missions o&ugrave; cet avantage est moins d&eacute;cisif ou inexistant. Pour reprendre l&rsquo;exemple de l&rsquo;&eacute;ducation, il devient absurde de ne pas allouer des moyens publics nettement plus importants &agrave; l&rsquo;encadrement personnalis&eacute; des &eacute;l&egrave;ves, dans la mesure o&ugrave; de plus en plus de parents sont de toute fa&ccedil;on pr&ecirc;ts &agrave; d&eacute;penser des sommes importantes pour obtenir ce service du priv&eacute; si le public n&rsquo;y r&eacute;pond pas. Une solution passant par l&rsquo;imp&ocirc;t et l&rsquo;&eacute;cole publique serait certainement plus rationnelle et plus &eacute;conomique &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle de la soci&eacute;t&eacute; que la solution commerciale qui se d&eacute;veloppe actuellement. Voil&agrave; qui donnerait d&rsquo;ailleurs un sens nettement plus pr&eacute;cis et ambitieux &agrave; la promesse de Fran&ccedil;ois Hollande de revenir sur les suppressions de postes dans l&rsquo;Education nationale. <br /><br />Ceux qui &agrave; gauche rejettent l&rsquo;id&eacute;e de rigueur budg&eacute;taire comme une politique n&eacute;cessairement de droite sont en fait victimes d&rsquo;une id&eacute;e-re&ccedil;ue de droite. Les d&eacute;penses publiques seraient un pur co&ucirc;t. Il faudrait les d&eacute;fendre comme un luxe auquel on serait trop attach&eacute; pour y renoncer. Profitons de la crise pour nous rappeler cette r&eacute;alit&eacute; : le service public, &ccedil;a sert &agrave; faire des &eacute;conomies.</span><span style="font:15px Verdana, serif; "></div><br /></span><p style="text-align:justify;"><span style="font:15px Verdana, serif; "><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:15px Verdana, serif; font-weight:bold; color:#FF0000;font-weight:bold; ">Pierre Haroche</span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Zuma&#x2c; Strauss-Kahn et les grands hommes&#x2c; par Matthieu Niango</title><dc:creator>contact@changerlagauche.fr</dc:creator><category>Analyses</category><dc:date>2011-08-29T16:14:43+02:00</dc:date><link>http://www.changerlagauche.fr/index_files/dd2e86647110344479158b44eb3a6bb3-78.php#unique-entry-id-78</link><guid isPermaLink="true">http://www.changerlagauche.fr/index_files/dd2e86647110344479158b44eb3a6bb3-78.php#unique-entry-id-78</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="jacob-zuma" width="255" height="173" src="http://www.changerlagauche.fr/index_files/page2_blog_entry78-Zuma.jpg" /></div><span style="font:15px Verdana, serif; "><br><br><div align="justify"></span><span style="font:63px Verdana, serif; color:#FF0000;">E</span><span style="font:12px Verdana, serif; ">n mai 2009, Jacob Zuma devenait pr&eacute;sident de la R&eacute;publique d&rsquo;Afrique du Sud. En mai 2012, Dominique Strauss-Kahn ne deviendra pas pr&eacute;sident de la R&eacute;publique fran&ccedil;aise. Le parall&egrave;le entre les deux hommes ne se limite pourtant pas &agrave; l&rsquo;identit&eacute; des ambitions, ici frustr&eacute;es, l&agrave; satisfaites. Tous deux eurent &agrave; faire face &agrave; une accusation de viol. Tous deux furent victorieux sur le plan judiciaire. Il n&rsquo;en va pas de m&ecirc;me sur le plan politique. Le proc&egrave;s Zuma s&rsquo;est m&ucirc; pour ce dernier en catalyseur de popularit&eacute;. Les &eacute;preuves l&rsquo;ont propuls&eacute; hors de port&eacute;e des feux nourris de ses ennemis, alors qu&rsquo;elles ont abattu en plein vol l&rsquo;ancien patron du FMI. Un rapprochement et un &eacute;cart qui sont bien instructifs sur l&rsquo;&eacute;tat de la d&eacute;mocratie fran&ccedil;aise.<br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; ">Au moment des accusations, les deux hommes &eacute;taient tenus pour les favoris des &eacute;lections pr&eacute;sidentielles, du fait de leur exp&eacute;rience (ils ont sensiblement le m&ecirc;me &acirc;ge et leur engagement politique ne date pas d&rsquo;hier), mais aussi parce qu&rsquo;ils semblaient s&rsquo;&ecirc;tre tenus &agrave; l&rsquo;&eacute;cart des errements les plus r&eacute;cents de leur camp respectif. En 2007, en portant plainte contre Zuma, c&rsquo;est &agrave; un vice-pr&eacute;sident qui jouait la carte de la rupture qu&rsquo;une jeune femme surnomm&eacute;e Kwezi s&rsquo;attaquait. Zuma se pr&eacute;sentait comme le repr&eacute;sentant du peuple aux mains li&eacute;es par les politiques lib&eacute;rales de Thabo Mbeki, alors pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Mais tout le monde savait que son heure viendrait. Depuis sa fonction de directeur du FMI, Strauss-Khan pouvait aussi passer pour l&rsquo;homme providentiel, qui sortirait de l&rsquo;ombre au bon moment pour remettre de l&rsquo;ordre dans les rangs d&rsquo;un PS d&eacute;rout&eacute; par la brutalit&eacute; de Nicolas Sarkozy. <br /></span><p style="text-align:justify;"><span style="font:12px Verdana, serif; "><br />Le surgissement des th&eacute;matiques sordides que le viol emporte avec lui vinrent ainsi troubler ces tableaux radieux. L&rsquo;&eacute;cho du proc&egrave;s Zuma se limita pour l&rsquo;essentiel &agrave; son pays (qui n&rsquo;en perdit pas un d&eacute;tail) tandis que la stature internationale de Dominique Strauss-Kahn valut &agrave; son affaire de m&oelig;urs une audience sans autre pr&eacute;c&eacute;dent que celle de Clinton. Dans les deux cas, on put observer le d&eacute;calage entre la temporalit&eacute; des choses et celle des m&eacute;dias qui en parlent. Une nouvelle "d&eacute;cisive" &eacute;tait r&eacute;fut&eacute;e par une autre qu&rsquo;on pouvait lire le lendemain matin, rapport&eacute;e avec les m&ecirc;mes accents de certitude d&eacute;finitive. Incapable de synth&egrave;ses partielles et de prudence, la presse fran&ccedil;aise s&rsquo;est ainsi particuli&egrave;rement illustr&eacute;e dans cette technique de la nouvelle haletante, que scandait le rythme des jours, insouciant d&rsquo;un proc&egrave;s qui n&rsquo;est jamais que de longue haleine. <br /><br />Puisqu&rsquo;il fallait, pour </span><span style="font:12px Verdana, serif; "><a href="http://vimeo.com/10756835" rel="self">l&rsquo;affaire Zuma</a></span><span style="font:12px Verdana, serif; "> comme pour l&rsquo;affaire Strauss-Khan, que les colonnes s&rsquo;emplissent, on a aussi d&eacute;ploy&eacute; comme jamais l&rsquo;art de parler pour ne rien dire. Partout chacun semblait avoir choisi son camp avant m&ecirc;me que de savoir quoique ce soit. Les Noirs et les amoureux inconditionnels du peuple avaient choisi Zuma d&egrave;s le premier jour. Les &eacute;lites politiques, intellectuelles et &eacute;conomiques de gauche (et m&ecirc;me parfois de droite) avaient pris parti pour Strauss-Khan au moment m&ecirc;me d&rsquo;apprendre qu&rsquo;il &eacute;tait arr&ecirc;t&eacute;. Le jour m&ecirc;me de l&rsquo;affaire, on put ainsi entendre l&rsquo;&eacute;crivain Pascal Bruckner expliquer doctement aux imb&eacute;ciles que nous sommes que l&rsquo;Am&eacute;rique puritaine trouvait simplement dans l&rsquo;affaire Strauss-Khan le moyen d&rsquo;&eacute;tancher sa passion pour le voyeurisme, et qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas l&agrave; de quoi fouetter un chat. <br /><br />Ces prises de position h&acirc;tives montrent que les cartes politiques sont brouill&eacute;es. L&rsquo;avenir de Dominique Strauss-Kahn fut desservi bien malgr&eacute; lui par ce soutien massif des &eacute;lites de tout bord, qui n&rsquo;avaient gu&egrave;re h&eacute;sit&eacute; entre la prudence et un soutien que leur dictait leur conscience de classe. Un soutien confirm&eacute; ces jours-ci par la joie et les f&eacute;licitations qui ont fait suite &agrave; l&rsquo;annonce de l&rsquo;abandon des poursuites p&eacute;nales. <br /><br />A quelques mois du moment le plus important de leur carri&egrave;re, les risques pris par les deux hommes demeurent pourtant inexplicables si l&rsquo;on s&rsquo;en tient &agrave; une analyse classique de la rationalit&eacute;. Pourquoi Zuma a-t-il eu un rapport sexuel avec une femme qui le tenait pour son oncle et dont il connaissait l&rsquo;instabilit&eacute; psychique&nbsp;? Pourquoi le candidat Strauss-Kahn a-t-il eu une "relation pr&eacute;cipit&eacute;e" (selon l&rsquo;expression consacr&eacute;e par les sexologues) avec une femme qu&rsquo;il connaissait depuis 10 minutes&nbsp;? Dans les deux cas, la personnalit&eacute; des plaignantes et leur comportement juste apr&egrave;s les faits ne rendit pas impossible l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un complot foment&eacute; par l&rsquo;adversaire, ce qu&rsquo;auraient d&ucirc; pr&eacute;voir de toute fa&ccedil;on les deux hommes. Il n&rsquo;en fut rien. Forces inconscientes qui s&rsquo;emparent quelque fois de nous et nous font agir &agrave; notre d&eacute;triment. Ces forces, la puissance m&eacute;diatique contemporaine, malgr&eacute; tous ses d&eacute;fauts, les place sous les feux de notre r&eacute;flexion. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de Zuma, de Strauss-Khan, ou de qui que ce soit d&rsquo;autre, il faut admettre que le Moi n&rsquo;est pas ma&icirc;tre chez lui. On finira peut-&ecirc;tre par penser qu&rsquo;un homme seul n&rsquo;est pas plus apte &agrave; prendre des d&eacute;cisions rationnelles que plusieurs, et que l&rsquo;id&eacute;e qui justifie la centralisation politique (on s&rsquo;entend mieux si l&rsquo;on est moins nombreux que si l&rsquo;on est plusieurs) fait trop vite liti&egrave;re des contradictions dont chacun est porteur. Des contradictions que le dialogue avec autrui peut pr&eacute;cis&eacute;ment faire &eacute;clater au grand jour. On finira peut-&ecirc;tre par remiser le mythe du grand homme solitaire, "ma&icirc;tre de lui comme de l&rsquo;univers", au placard des croyances aussi rassurantes que funestes. <br /><br />C&rsquo;est probablement cette foi dans l&rsquo;existence des grands hommes qui fait la diff&eacute;rence entre le destin de Strauss-Kahn en France et celui de Zuma en Afrique du Sud. Aur&eacute;ol&eacute; par la lutte contre le r&eacute;gime raciste de l&rsquo;apartheid, soutenu par le peuple dont il se dit le d&eacute;fenseur, le futur pr&eacute;sident sud-africain &eacute;tait sorti grandi d&rsquo;un &eacute;pisode qu&rsquo;il avait su habilement placer dans la continuit&eacute; de son combat de l&rsquo;ombre pour l&rsquo;&eacute;galit&eacute; entre Blancs et Noirs. Nous sommes quant &agrave; nous loin des circonstances qui font les h&eacute;ros politiques. Les grandes qualit&eacute;s d&rsquo;&eacute;conomiste de l&rsquo;ancien ministre ne justifiaient pas aux yeux des Fran&ccedil;ais qu&rsquo;on vole &agrave; son secours &agrave; tout prix. Strauss-Kahn au sol, le peuple de gauche est pass&eacute; &agrave; autre chose, quoiqu&rsquo;il en f&ucirc;t de sa culpabilit&eacute;. En terme de voix, et comme le montrent tous les sondages, le parti socialiste n&rsquo;a pas grandement souffert du d&eacute;saveu de son champion le plus brillant. En France, le temps de l&rsquo;illusion du grand homme semble ainsi devoir s&rsquo;&eacute;loigner inexorablement. Chacun sait d&eacute;sormais qu&rsquo;il est interchangeable. Il faut s&rsquo;en r&eacute;jouir&nbsp;: cela augure d&rsquo;une prise en main du peuple par lui-m&ecirc;me. Et seuls les amoureux du sang et de la mort peuvent vouloir ces guerres et ces crises qui requi&egrave;rent des personnalit&eacute;s exceptionnelles ou les font na&icirc;tre. Il est &agrave; souhaiter que l&rsquo;intendance institutionnelle suive ici l&rsquo;&eacute;volution des m&oelig;urs politiques. Il serait beau que l&rsquo;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle cesse d&rsquo;&ecirc;tre ce rite superstitieux o&ugrave; tout un pays semble jouer son destin sur un coup de d&eacute;. Quant &agrave; Dominique Strauss-Kahn, il a des raisons aujourd&rsquo;hui de regretter de ne pas &ecirc;tre sud-africain.</span><span style="font:15px Verdana, serif; "></div><br /></span><span style="font:15px Verdana, serif; "><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:15px Verdana, serif; font-weight:bold; color:#FF0000;font-weight:bold; ">Matthieu Niango</span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Le Pen et les primaires&#x2c; par Pierre Haroche</title><dc:creator>contact@changerlagauche.fr</dc:creator><category>Analyses</category><dc:date>2011-03-08T20:06:05+01:00</dc:date><link>http://www.changerlagauche.fr/index_files/24adf3db089d4f8bc3dc85ed07de7fa4-77.php#unique-entry-id-77</link><guid isPermaLink="true">http://www.changerlagauche.fr/index_files/24adf3db089d4f8bc3dc85ed07de7fa4-77.php#unique-entry-id-77</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="marine-le-pen" width="182" height="176" src="http://www.changerlagauche.fr/index_files/page2_blog_entry77-marine-le-pen.jpg" /></div><span style="font:16px Verdana, serif; "><br><br><div align="justify"></span><span style="font:64px Verdana, serif; color:#FF0000;">Q</span><span style="font:12px Verdana, serif; ">uoique l&rsquo;on pense de la fiabilit&eacute; des sondages &agrave; plus d&rsquo;un an de la pr&eacute;sidentielle, on peut s&rsquo;accorder sur un point&nbsp;: la pr&eacute;sence de Marine Le Pen au second tour est d&eacute;sormais une hypoth&egrave;se cr&eacute;dible. Alors que l&rsquo;on agite le sc&eacute;nario d&rsquo;un nouveau 21 avril dans tous les sens, &agrave; l&rsquo;endroit et &agrave; l&rsquo;envers, il convient de souligner une diff&eacute;rence de taille avec 2002&nbsp;: le temps. <br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br />En 2002, les premiers sondages donnant Jean-Marie Le Pen et Lionel Jospin au coude &agrave; coude &eacute;taient intervenus dans les derniers jours de la campagne et aucun m&eacute;dia n&rsquo;avait mis en lumi&egrave;re le risque d&rsquo;&eacute;limination du socialiste. Le 21 avril, beaucoup d&rsquo;&eacute;lecteurs de gauche s&rsquo;&eacute;taient abstenus ou s&rsquo;&eacute;taient report&eacute;s sur des "petits" candidats, et avaient finalement &eacute;t&eacute; am&egrave;rement surpris par le r&eacute;sultat. Cette fois, les dits sondages interviennent alors que la campagne n&rsquo;a pas commenc&eacute; et que les candidats ne sont pas encore d&eacute;clar&eacute;s. Tout le monde a le temps d&rsquo;anticiper. <br /><br />Imaginons (ce qui n&rsquo;est pas encore certain) que l&rsquo;hypoth&egrave;se actuelle se confirme, c'est-&agrave;-dire Le Pen, Sarkozy et le candidat socialiste &agrave; quelques points d&rsquo;&eacute;cart les uns des autres. Il est une question qu&rsquo;il faudra bien se poser&nbsp;: voter disons Jean-Luc M&eacute;lenchon ou Eva Joly, est-ce voter pour l&rsquo;&eacute;limination de la gauche&nbsp;? Il est &agrave; parier que beaucoup h&eacute;siteront, m&ecirc;me parmi leurs partisans les plus convaincus. Le ph&eacute;nom&egrave;ne auquel nous pourrions alors assister serait celui d&rsquo;une d&eacute;-primarisation du premier tour de la pr&eacute;sidentielle. En effet, lorsque la gauche et la droite classique sont certaines d&rsquo;&ecirc;tre repr&eacute;sent&eacute;es au second tour, le premier tour peut prendre des allures de primaires dans chaque camp, l&rsquo;exemple typique &eacute;tant 1995 et le duel Chirac-Balladur. Mais si l&rsquo;extr&ecirc;me droite est dans le duo de t&ecirc;te, alors ce jeu n&rsquo;a plus de sens. Tout l&rsquo;enjeu est de se qualifier. La pr&eacute;sidentielle tend &agrave; devenir une &eacute;lection &agrave; un seul tour. <br /><br />Et c&rsquo;est l&agrave; que l&rsquo;initiative socialiste d&rsquo;organiser des primaires ouvertes &agrave; tous les &eacute;lecteurs de gauche pourrait prendre une dimension nouvelle. Ces primaires ont &eacute;t&eacute; beaucoup critiqu&eacute;es notamment parce qu&rsquo;elles encouragent la comp&eacute;tition fratricide entre des candidats qui devront se rassembler &agrave; la pr&eacute;sidentielle. Mais si le premier tour devient le tour d&eacute;cisif, ce grand d&eacute;bat interne &agrave; la gauche devient alors salutaire. L&rsquo;appel &agrave; "voter utile" au premier tour aura une toute autre l&eacute;gitimit&eacute; d&egrave;s lors que les &eacute;lecteurs &eacute;cologistes, du Front de Gauche, voire centristes, auront eu l&rsquo;occasion de participer &agrave; la d&eacute;signation du candidat socialiste. Si tout est d&eacute;cal&eacute; d&rsquo;un cran, alors c&rsquo;est au primaires que devront s&rsquo;exprimer les tendances internes &agrave; la gauche et au premier tour de la pr&eacute;sidentielle que le candidat commun devra l&rsquo;emporter. <br /><br />Bien entendu, tout cela est encore hypoth&eacute;tique. Bien entendu, les &eacute;lecteurs de la gauche non socialiste ne trouveront pas forc&eacute;ment leur bonheur parmi les candidats &agrave; la primaire ouverte, quoique l&rsquo;&eacute;ventail des pressentis ne soit pas n&eacute;gligeable. Mais il faut se souvenir qu&rsquo;en 2002, ce n&rsquo;&eacute;tait pas tant le Front national qui avait gagn&eacute; des &eacute;lecteurs que la gauche qui s&rsquo;&eacute;tait d&eacute;mobilis&eacute;e. Au lieu d&rsquo;entrer dans des d&eacute;bats mis&eacute;rables du type "&agrave; qui profite la mont&eacute;e du FN&nbsp;?", prendre les devants par une dynamique mobilisatrice et qui plus est d&eacute;mocratique, voil&agrave; le v&eacute;ritable enjeu.</span><span style="font:16px Verdana, serif; "></div><br /></span><p style="text-align:justify;"><span style="font:16px Verdana, serif; "><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:16px Verdana, serif; font-weight:bold; color:#FF0000;font-weight:bold; ">Pierre Haroche</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Fran&#xe7;ois Fillon&#x2c; historien marxiste&#x2c; appelle &#xe0; la r&#xe9;volte&#x2c; par Guillaume Calafat</title><dc:creator>contact@changerlagauche.fr</dc:creator><category>Analyses</category><dc:date>2011-01-26T19:29:20+01:00</dc:date><link>http://www.changerlagauche.fr/index_files/148c1c196341be293ee4f03fc16c3564-76.php#unique-entry-id-76</link><guid isPermaLink="true">http://www.changerlagauche.fr/index_files/148c1c196341be293ee4f03fc16c3564-76.php#unique-entry-id-76</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="Fillon" width="260" height="170" src="http://www.changerlagauche.fr/index_files/page2_blog_entry76-fillon.jpg" /></div><span style="font:16px Verdana, serif; "><br><br><div align="justify"></span><span style="font:64px Verdana, serif; color:#FF0000;">L</span><span style="font:12px Verdana, serif; ">&rsquo;Histoire, l&rsquo;Histoire, Mesdames et Messieurs les d&eacute;put&eacute;s, avance souvent plus vite que la diplomatie". <br /></span><p style="text-align:justify;"><span style="font:12px Verdana, serif; "><br />C&rsquo;est par ces mots prononc&eacute;s sur un ton sentencieux &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e Nationale, dans la premi&egrave;re s&eacute;ance de questions aux gouvernements du 18 janvier, que Fran&ccedil;ois Fillon a introduit son discours visant &agrave; soutenir la ministre des Affaires &Eacute;trang&egrave;res et ministre d&rsquo;&Eacute;tat. Le premier ministre s&rsquo;avance &agrave; la tribune &agrave; la place de Mich&egrave;le Alliot-Marie pour r&eacute;pondre &agrave; une question pos&eacute;e par le pr&eacute;sident du groupe socialiste &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e, Jean-Marc Ayrault, qui demande pour quels motifs la ministre des Affaires &Eacute;trang&egrave;res avait &eacute;trangement propos&eacute; de mettre au service de Ben Ali le &laquo;&lsquo;savoir-faire&rsquo; fran&ccedil;ais en mati&egrave;re de s&eacute;curit&eacute;&nbsp;&raquo; au plus fort des manifestations en Tunisie. Fran&ccedil;ois Fillon ne r&eacute;pond pas vraiment &agrave; la question&nbsp;; tr&egrave;s certainement pour honorer la m&eacute;moire de son irr&eacute;prochable &laquo;&nbsp;mentor&nbsp;&raquo; Philippe S&eacute;guin, il rappelle que Lionel Jospin en 1997 ou Dominique Strauss-Kahn en 2008 avaient eu des mots positifs &agrave; propos des autorit&eacute;s tunisiennes, il f&eacute;licite ensuite les Tunisiens et bl&acirc;me finalement les socialistes qui soutiennent Gbagbo. <br /><br />Passons sur cela, et concentrons-nous sur la partie liminaire du discours du Premier Ministre qui propose une double d&eacute;finition de l&rsquo;histoire et de la diplomatie, sur laquelle il convient de s&rsquo;arr&ecirc;ter. &Agrave; vrai dire, lorsque l&rsquo;on &eacute;coute Fran&ccedil;ois Fillon, on ne comprend pas bien ce qu&rsquo;il entend par &laquo;&nbsp;l&rsquo;Histoire avance souvent plus vite que la diplomatie&nbsp;&raquo;. Heureusement, il pr&eacute;cise ensuite que &laquo;&nbsp;nous&nbsp;[sans doute les hommes politiques] avons fait collectivement l&rsquo;exp&eacute;rience de cela lors de la chute de l&rsquo;Union sovi&eacute;tique et de la r&eacute;unification allemande. La R&eacute;volution tunisienne, d&rsquo;une certaine fa&ccedil;on, nous le rappelle&nbsp;&raquo;. <br /><br />En clair, et pour le dire cr&ucirc;ment, nos diplomates n&rsquo;ont pas du tout anticip&eacute; ce qui allait se passer en URSS, en Allemagne et en Tunisie, et ont &eacute;t&eacute; dans ces trois cas compl&egrave;tement d&eacute;pass&eacute;s par les &eacute;v&eacute;nements. C&rsquo;est, en creux, ce que disait Alain Jupp&eacute; quelques jours plus t&ocirc;t, qui expliquait que les &laquo;&nbsp;pays occidentaux&nbsp;&raquo; avaient &laquo;&nbsp;sous-estim&eacute; le degr&eacute; d&rsquo;exasp&eacute;ration de l&rsquo;opinion publique face &agrave; un r&eacute;gime policier&nbsp;&raquo;. <br /><br />Cependant, si l&rsquo;on se penche sur la phrase de Fran&ccedil;ois Fillon, on se rend compte qu&rsquo;il y a bien plus qu&rsquo;un aveu de faiblesse des chancelleries occidentales. L&rsquo;Histoire et la diplomatie auraient une &laquo;&nbsp;vitesse&nbsp;&raquo; et viseraient &agrave; un but commun malgr&eacute; des temporalit&eacute;s diff&eacute;renci&eacute;es. Un but qui, en l&rsquo;esp&egrave;ce appliqu&eacute; au cas tunisien, co&iuml;ncide avec une demande d&rsquo;am&eacute;lioration des conditions de vie dans le pays, ainsi qu&rsquo;avec l&rsquo;obtention de certaines libert&eacute;s fondamentales. <br /><br />Cette vision dynamique de l&rsquo;Histoire est int&eacute;ressante&nbsp;: elle suppose que les manifestations, les mouvements de contestation sont le moteur du changement politique ; elle suppose &eacute;galement que les revendications manifest&eacute;es par le peuple dans la rue sont non seulement un moteur, mais encore un acc&eacute;l&eacute;rateur de &laquo;&nbsp;l&rsquo;Histoire&nbsp;&raquo;, synonyme ici de progr&egrave;s et d&rsquo;&eacute;mancipation. C&rsquo;est donc le peuple, la rue qui fait avancer l&rsquo;Histoire, une id&eacute;e marxienne, pour ne pas dire marxiste, que l&rsquo;on peut &ecirc;tre &eacute;tonn&eacute; de trouver formul&eacute;e par un Premier ministre qui n&rsquo;a, du moins &agrave; ma connaissance, jamais montr&eacute; d&rsquo;inclination particuli&egrave;re pour la lutte des classes. <br /><br />Mais venons-en &agrave; la &laquo;&nbsp;diplomatie&nbsp;&raquo; qui, dans la phrase de Fran&ccedil;ois Fillon, semble avoir une acception assez large&nbsp;; car, sauf &agrave; id&eacute;aliser les relations internationales, il semble assez peu courant d&rsquo;associer la diplomatie aux mouvements d&rsquo;&eacute;mancipation et de libert&eacute; des peuples. Le maintien des relations cordiales entre &Eacute;tats passe, au contraire, et ce tr&egrave;s souvent, par des voiles pudiques jet&eacute;s sur des conceptions diff&eacute;rentes des droits individuels et collectifs. En ce sens, &laquo;&nbsp;&ecirc;tre diplomate&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est aussi &laquo;&nbsp;faire avec&nbsp;&raquo;&nbsp;; la diplomatie est donc bien souvent associ&eacute;e &agrave; une certaine inertie &laquo;&nbsp;realpoliticienne&nbsp;&raquo;. De quelle &laquo;&nbsp;diplomatie&nbsp;&raquo; parle donc notre Premier ministre&nbsp;? <br /><br />La r&eacute;ponse est sans doute &agrave; chercher dans une interview tr&egrave;s explicite d&rsquo;Alain Jupp&eacute;, le 25 juin 1995, dans l&rsquo;&eacute;mission G&eacute;opolitis, sur France 2. Interrog&eacute; &agrave; propos de la Bosnie, le journaliste demande au nouveau Premier ministre Jupp&eacute;&nbsp;: <br />&laquo;&nbsp;Votre exp&eacute;rience d&rsquo;homme politique, votre exp&eacute;rience au Quai d&rsquo;Orsay, votre fonction aujourd&rsquo;hui, vous conduisent-elles &agrave; penser que la phrase suivante est juste&nbsp;:&nbsp;&lsquo;Que l&rsquo;Histoire va plus vite que la diplomatie et qu&rsquo;au fond les peuples cr&eacute;ent souvent les exemples et qu&rsquo;ensuite les politiques suivent&rsquo;&nbsp;?&nbsp;&raquo; <br /><br />Alain Jupp&eacute; prononce alors ces mots lourds de sens&nbsp;: <br /><br />&laquo;&nbsp;S&ucirc;rement. Le th&egrave;me de r&eacute;flexion, c&rsquo;est continuit&eacute; ou rupture dans la diplomatie fran&ccedil;aise mais le vrai sujet, c&rsquo;est continuit&eacute; ou rupture dans la r&eacute;alit&eacute; du monde. Ce qui s&rsquo;est pass&eacute;, prenez en 1989, c&rsquo;est cela qui commande l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement. Ce sont les peuples et pas les chancelleries qui font l&rsquo;Histoire, on le sait depuis longtemps&nbsp;&raquo;. <br /><br />Alain Jupp&eacute; et Fran&ccedil;ois Fillon soutiennent dans un m&ecirc;me &eacute;lan que ce &laquo;&nbsp;sont les peuples qui font l&rsquo;Histoire&nbsp;&raquo;, et pas les appareils d&rsquo;&Eacute;tat, les diplomates, les minist&egrave;res des affaires &eacute;trang&egrave;res, voire les hommes politiques. Cette modestie de nos deux leaders maximi appara&icirc;t ainsi comme un v&eacute;ritable appel &agrave; l&rsquo;organisation de mouvements populaires pour faire avancer le cours des &eacute;v&eacute;nements, le progr&egrave;s social et la libert&eacute;&nbsp;; reste &agrave; savoir pour quelle raison ces deux premiers ministres, face aux mouvements sociaux dans notre pays, ont toujours consid&eacute;r&eacute; que l&rsquo;Histoire &eacute;tait termin&eacute;e.</span><span style="font:16px Verdana, serif; "></div><br /></span><span style="font:16px Verdana, serif; "><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:16px Verdana, serif; font-weight:bold; color:#FF0000;font-weight:bold; ">Guillaume Calafat</span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Une sortie lente et r&#xe9;fl&#xe9;chie du nucl&#xe9;aire&#x2c; par Henry J. Dicks</title><dc:creator>contact@changerlagauche.fr</dc:creator><category>Analyses</category><dc:date>2011-06-03T20:09:46+02:00</dc:date><link>http://www.changerlagauche.fr/index_files/40685cade36c87301b65bb7e56cf2d30-75.php#unique-entry-id-75</link><guid isPermaLink="true">http://www.changerlagauche.fr/index_files/40685cade36c87301b65bb7e56cf2d30-75.php#unique-entry-id-75</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="centrale-nucleaire" width="247" height="166" src="http://www.changerlagauche.fr/index_files/page2_blog_entry75-centrale-nucleaire.jpg" /></div><span style="font:15px Verdana, serif; "><br><br><div align="justify"></span><span style="font:63px Verdana, serif; color:#FF0000;">L</span><span style="font:12px Verdana, serif; ">&rsquo;accident de Fukushima a relanc&eacute; le d&eacute;bat sur le nucl&eacute;aire. Certains y ont vu l&rsquo;&eacute;chec d&eacute;finitif du projet moderne de la ma&icirc;trise de la nature&nbsp;et pr&eacute;conisent une sortie imm&eacute;diate du nucl&eacute;aire, d&rsquo;autres, un argument suppl&eacute;mentaire en faveur du nucl&eacute;aire &ndash;car m&ecirc;me la co&iuml;ncidence improbable d&rsquo;un s&eacute;isme et d&rsquo;un tsunami sur le site d&rsquo;une centrale n&rsquo;a pas, jusqu&rsquo;ici, donn&eacute; lieu &agrave; un seul mort. A chacun de ces deux p&ocirc;les s&rsquo;ajoutent tous les arguments classiques&nbsp;: ceux des &lsquo;pro-nucl&eacute;aires&rsquo; (faible &eacute;mission de gaz &agrave; effet de serre, co&ucirc;ts relativement bas, efficacit&eacute; d&eacute;j&agrave; d&eacute;montr&eacute;e, etc.), aussi bien que ceux des anti-nucl&eacute;aires (risque de graves accidents naturels ou anthropog&eacute;niques, probl&egrave;mes de traitement et de stockage des d&eacute;chets, faible cr&eacute;ation d&rsquo;emplois par rapport aux &eacute;nergies renouvelables, etc.). Au lieu de reprendre ses d&eacute;bats classiques, examinons le nucl&eacute;aire du point de vue, rarement mis en valeur dans l&rsquo;&eacute;valuation traditionnel de ses risques, de l&rsquo;impact de la crise &eacute;cologique &agrave; moyen et &agrave; long terme sur notre capacit&eacute; de garantir la gestion et la ma&icirc;trise de cette technologie. Il en d&eacute;coulera un argument en faveur d&rsquo;une sortie lente et r&eacute;fl&eacute;chie du nucl&eacute;aire accompagn&eacute;e par un d&eacute;tournement relativement rapide de l&rsquo;argent publique actuellement accord&eacute; au nucl&eacute;aire vers les &eacute;nergies renouvelables. <br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br />Quels sont les impacts de la crise &eacute;cologique sur notre capacit&eacute; de gestion des centrales nucl&eacute;aires?<br /><br />Lorsque l'on r&eacute;fl&eacute;chit sur l&rsquo;exploitation future de l&rsquo;&eacute;nergie nucl&eacute;aire, on a tendance &agrave; supposer que le monde restera plus ou moins comme il est aujourd&rsquo;hui. Autrement dit, on suppose que les gros probl&egrave;mes technocratiques se produiront principalement dans de petits Etats situ&eacute;s &agrave; la p&eacute;riph&eacute;rie du capitalisme mondial et sans capacit&eacute; d&rsquo;exploitation d&rsquo;&eacute;nergie nucl&eacute;aire (Afghanistan, Libye, C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, etc.)&nbsp;; au c&oelig;ur du capitalisme mondial, par contre, on estime qu&rsquo;il faudrait une co&iuml;ncidence improbable, comme ce fut le cas &agrave; Fukushima, pour qu&rsquo;un accident important se produise.<br /><br />On ignore ainsi tous les dangers possibles et probables provenant d&rsquo;une progression de la crise &eacute;cologique: effets du changement climatique sur notre capacit&eacute; a nourrir une population mondiale croissante, risques accrus d&rsquo;&eacute;v&eacute;nements m&eacute;t&eacute;orologiques pouvant frapper les centrales (ouragans, tsunamis, inondations), probabilit&eacute; augment&eacute;e de guerres de ressources (pour l&rsquo;uranium, par exemple), &eacute;l&eacute;vation du niveau de la mer augmentant ainsi le danger d&rsquo;inondation des centrales, d&eacute;placements massifs de r&eacute;fugi&eacute;s fuyant des &eacute;cosyst&egrave;mes effondr&eacute;s, entre autres. Bien s&ucirc;r, on pourrait objecter que ces consid&eacute;rations ne s&rsquo;appliqueront probablement pas &agrave; la France, puisque, m&ecirc;me si elle subira certains effets du r&eacute;chauffement climatique (canicules, s&eacute;cheresses, inondations), cela ne devrait pas l&rsquo;emp&ecirc;cher de g&eacute;rer ses centrales.<br /><br />Mais ce type de raisonnement pose deux probl&egrave;mes&nbsp;:<br /><br />1. Le premier probl&egrave;me concerne la dur&eacute;e de vie des centrales nucl&eacute;aires, estim&eacute;e &agrave; environ 80 ans (5 ans de construction + 30 &agrave; 60 ans d&rsquo;activit&eacute; + 30 ans de d&eacute;mant&egrave;lement). Si l&rsquo;on tient &eacute;galement compte du temps de planification, cela veut dire qu&rsquo;une centrale nucl&eacute;aire con&ccedil;ue aujourd&rsquo;hui pourrait toujours &ecirc;tre pr&eacute;sente sur terre en 2100. Mais qui peut dire ce que sera devenue la France en 2100, surtout lorsque l'on consid&egrave;re que le changement climatique pourrait facilement atteindre 3 ou 4&ordm; C&nbsp;par la fin de ce si&egrave;cle et que ses effets sur les &eacute;cosyst&egrave;mes, l&rsquo;&eacute;conomie mondiale, et les relations internationales sont si difficilement pr&eacute;visibles? D&rsquo;ailleurs, lorsqu&rsquo;on y ajoute le probl&egrave;me de la gestion et du stockage de d&eacute;chets radioactifs &agrave; plus long terme (jusqu&rsquo;&agrave; 100 000 ans), les dangers d&rsquo;une poursuite &agrave; moyen et &agrave; long terme du projet nucl&eacute;aire deviennent encore plus difficiles &agrave; ignorer, m&ecirc;me en France.<br /><br />2. Le deuxi&egrave;me probl&egrave;me survient en raison de l&rsquo;importance accord&eacute;e &agrave; la fili&egrave;re nucl&eacute;aire par la France et, par cons&eacute;quent, de la forte pr&eacute;sence internationale de ses entreprises nucl&eacute;aires. Il va de soi que l&rsquo;investissement massif par l&rsquo;Etat dans les recherches nucl&eacute;aires (90% du financement des recherches &eacute;nerg&eacute;tiques entre 1946 et 1992) a jou&eacute; un r&ocirc;le pr&eacute;pond&eacute;rant dans l&rsquo;implantation de soci&eacute;t&eacute;s comme EDF et Areva partout dans le monde&nbsp;(Europe, Etats Unis, Am&eacute;rique du Sud, Afrique et Asie). Certes, ces activit&eacute;s contribuent &agrave; la croissance &eacute;conomique de la France et elles le feront d&rsquo;autant plus que le monde poursuit le chemin nucl&eacute;aire&nbsp;; mais il n&rsquo;emp&ecirc;che que cette strat&eacute;gie favorise la prolif&eacute;ration de centrales nucl&eacute;aires, et, en ce sens-l&agrave;, le privil&egrave;ge accord&eacute; &agrave; la fili&egrave;re nucl&eacute;aire joue un r&ocirc;le important dans la cr&eacute;ation de nouvelles centrales &agrave; travers le monde.<br /><br />De ce point de vue, les accords sign&eacute;s en 2008 par Areva pour la construction de nouvelles centrales nucl&eacute;aires en Chine sont une cons&eacute;quence directe d&rsquo;un choix politique pris par le gouvernement fran&ccedil;ais. Mais qui peut dire dans quel &eacute;tat sera la Chine en 2100 ? Peut-&ecirc;tre que ce pays, souffrant d&egrave;s lors d&rsquo;une grave crise environnementale provoqu&eacute;e par sa croissance industrielle fr&eacute;n&eacute;tique de la premi&egrave;re moiti&eacute; du si&egrave;cle, ne pourra plus ma&icirc;triser ses soixante-deux centrales aujourd&rsquo;hui en phase de construction ou de planification, sans parler des autres centrales qu&rsquo;elle pourrait construire par la suite.<br /><br />Dans cette optique, les accidents de Tchernobyl et de Fukushima sont tous les deux instructifs. Tchernobyl nous apprend que des pays subissant une forte d&eacute;g&eacute;n&eacute;ration technocratique interne, comme c&rsquo;&eacute;tait le cas de la Russie en 1986, ne sont pas en position de g&eacute;rer des centrales nucl&eacute;aires. Fukushima, quant &agrave; lui, nous apprend qu&rsquo;&agrave; la diff&eacute;rence du monde con&ccedil;u par la science classique, o&ugrave; il suffit d&rsquo;analyser des risques en modifiant un param&egrave;tre &agrave; la fois, les grands dangers consistent en une co&iuml;ncidence de plusieurs facteurs li&eacute;s entre eux, comme les s&eacute;ismes et les tsunamis.<br /><br />A la lumi&egrave;re de ces deux constats, pouvons-nous &ecirc;tre s&ucirc;rs que, dans 50 &agrave; 100 ans, il n&rsquo;y aura pas, quelque part dans le monde, de grave d&eacute;g&eacute;n&eacute;ration technocratique d&eacute;clench&eacute;e par la crise &eacute;cologique et mettant en danger la capacit&eacute; d&rsquo;un ou plusieurs pays &agrave; g&eacute;rer leurs parcs nucl&eacute;aires? Bien s&ucirc;r que non. De plus, dans une telle situation, on peut facilement imaginer des choix extr&ecirc;mement difficiles&nbsp;: ou bien d&eacute;penser de l&rsquo;argent pour nourrir un peuple souffrant des impacts de la d&eacute;sertification sur la production agricole, ou bien d&eacute;manteler une centrale nucl&eacute;aire dangereuse &agrave; un co&ucirc;t extr&ecirc;mement &eacute;lev&eacute;. Le mieux serait tout simplement d&rsquo;&eacute;viter toute possibilit&eacute; d&rsquo;un tel choix.<br /><br />Contre ce bilan plut&ocirc;t pessimiste, on pourrait r&eacute;pondre que, faible &eacute;metteur de gaz &agrave; effet de serre, le nucl&eacute;aire est en effet un outil puissant contre le r&eacute;chauffement climatique. Dans cette optique, l&rsquo;opinion de James Lovelock &ndash;c&eacute;l&egrave;bre th&eacute;oricien de &laquo;&nbsp;Gaia&nbsp;&raquo;, l&rsquo;id&eacute;e que la terre est un grand syst&egrave;me autor&eacute;gul&eacute;&ndash; n'est pas d&eacute;nu&eacute;e d'int&eacute;r&ecirc;t. D&rsquo;une part, Lovelock croit qu&rsquo;il est probablement trop tard pour lutter efficacement contre le r&eacute;chauffement climatique et qu&rsquo;il nous faut plut&ocirc;t nous pr&eacute;parer &agrave; nous adapter &agrave; un monde beaucoup plus chaud&nbsp;; d&rsquo;autre part, il pr&eacute;conise l&rsquo;adoption &agrave; grande &eacute;chelle du nucl&eacute;aire, faible &eacute;metteur de gaz &agrave; effet de serre. Mais ces deux constats s&rsquo;entrechoquent&nbsp;: le pire sc&eacute;nario serait sans doute un monde gravement touch&eacute; par le changement climatique, mais dans lequel il subsiste des centaines, voire des milliers, de centrales nucl&eacute;aires pouvant d&egrave;s lors s&rsquo;av&eacute;rer extr&ecirc;mement difficile &agrave; ma&icirc;triser.<br /><br />Dans cette perspective, la poursuite du d&eacute;veloppement nucl&eacute;aire constitue tout simplement un pari &eacute;norme&nbsp;: le projet actuel de la ma&icirc;trise techno-scientifique de la nature se poursuivra au moins jusqu&rsquo;en 2100, r&eacute;sistant et m&ecirc;me domptant tout probl&egrave;me &eacute;cologique issu de ce m&ecirc;me projet, partout dans le monde. Ceci ne veut pas dire que je pr&eacute;dis de grandes catastrophes &eacute;cologiques, mais simplement que de telles catastrophes figurent parmi les sc&eacute;narios possibles de l&rsquo;avenir (ceux de l&rsquo;IPCC, par exemple) et qu'il serait imprudent de les exclure aujourd'hui de nos calculs.<br /><br />En vue de ces arguments, la question que nous devrions poser aujourd&rsquo;hui n&rsquo;est pas celle de savoir s'il y aura, dans les mois ou les ann&eacute;es &agrave; venir, un grave accident nucl&eacute;aire en France li&eacute; &agrave; une insuffisance de s&ucirc;ret&eacute; dans nos centrales actuelles. Elle est plut&ocirc;t celle de savoir si l'on veut contribuer &agrave; la prolif&eacute;ration internationale de centrales nucl&eacute;aires &agrave; moyen et &agrave; long terme, alors que l&rsquo;avenir global nous pr&eacute;sente autant de risques (changement climatique, guerres de ressources, population croissante, effondrement d&rsquo;&eacute;cosyst&egrave;mes) qui mettraient en p&eacute;ril un parc nucl&eacute;aire mondial&nbsp;pouvant bient&ocirc;t d&eacute;passer mille r&eacute;acteurs.<br /><br />Pourtant, de m&ecirc;me que la logique de cette position va &agrave; l&rsquo;encontre d&rsquo;un renouvellement du projet nucl&eacute;aire, elle nous apprend &eacute;galement qu&rsquo;il faut se m&eacute;fier de ceux qui en pr&eacute;conisent une sortie trop rapide. A court terme, les risques des centrales nucl&eacute;aires actuellement exploit&eacute;es ne sont pas tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;s ; ce n&rsquo;est qu&rsquo;&agrave; moyen et &agrave; long terme qu&rsquo;appara&icirc;t la folie de parier sur le nucl&eacute;aire. Il faut donc &eacute;viter &agrave; la fois la d&eacute;marche allemande, qui consiste &agrave; effectuer une sortie h&acirc;tive du nucl&eacute;aire entra&icirc;nant sans doute une hausse de consommation de combustibles fossiles, et la d&eacute;marche opportuniste de la droite fran&ccedil;aise: faire quelques faibles concessions &agrave; courts termes aux anti-nucl&eacute;aires (fermeture de Fessenheim, revue de la s&ucirc;ret&eacute; des centrales existantes) et ensuite, s&rsquo;il n&rsquo;y a pas de graves accidents dans les mois ou tout au plus les ann&eacute;es &agrave; venir (et il n&rsquo;y en aura sans doute pas), revenir &agrave; une politique de soutien, de renouvellement, et d&rsquo;expansion nationale et internationale de l&rsquo;industrie nucl&eacute;aire fran&ccedil;aise.<br /><br />A l&rsquo;encontre de ces deux d&eacute;marches &eacute;galement pr&eacute;cipit&eacute;es et irr&eacute;fl&eacute;chies, un autre chemin se pr&eacute;sente: ne pas investir dans une nouvelle g&eacute;n&eacute;ration de r&eacute;acteurs et d&eacute;tourner les fonds de recherches &eacute;nerg&eacute;tiques actuellement accord&eacute;s au nucl&eacute;aire vers les &eacute;nergies renouvelables, lesquelles, en cas de grave crise &eacute;cologique menant &eacute;ventuellement &agrave; une moindre ma&icirc;trise de la nature, seront &agrave; la fois beaucoup plus facilement exploitables et infiniment moins susceptibles d&rsquo;amplifier de fa&ccedil;on presque inimaginable d&rsquo;&eacute;ventuels d&eacute;sastres &eacute;cologiques. N&eacute;anmoins, en attendant les fruits de ces investissements dans les &eacute;nergies renouvelables &ndash;qui pourraient fournir 80% de nos besoins &eacute;nerg&eacute;tiques par 2050, selon l&rsquo;IPCC&ndash;, rien ne nous emp&ecirc;che de continuer &agrave; exploiter nos centrales nucl&eacute;aires actuelles, voire, dans certains cas, de prolonger leur dur&eacute;e de vie. Il nous faudra sortir du nucl&eacute;aire, mais de fa&ccedil;on lente et r&eacute;fl&eacute;chie.</span><span style="font:15px Verdana, serif; "></div><br /></span><p style="text-align:justify;"><span style="font:15px Verdana, serif; "><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font:15px Verdana, serif; font-weight:bold; color:#FF0000;font-weight:bold; ">Henry J. Dicks</span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span><span style="font:12px Verdana, serif; "><br /></span></p>]]></content:encoded></item></channel>
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