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<title>Changer la gauche</title><link>http://www.changerlagauche.fr/index.php</link><description>A l&#x27;articulation du monde universitaire et du monde politique</description><dc:language>(null)</dc:language><dc:creator>contact@changerlagauche.fr</dc:creator><dc:rights>Copyright 2010 Club Changer la gauche</dc:rights><dc:date>2010-05-19T15:24:35+02:00</dc:date><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.realmacsoftware.com/" />
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<lastBuildDate>Wed, 09 Jun 2010 02:17:55 +0200</lastBuildDate><itunes:author>Changer la gauche</itunes:author><itunes:owner><itunes:name>Changer la gauche</itunes:name><itunes:email>contact@changerlagauche.fr</itunes:email></itunes:owner><itunes:category text="Think tank"/><itunes:subtitle>A l&#x27;articulation du monde universitaire et du monde politique</itunes:subtitle><itunes:summary>A l&#x27;articulation du monde universitaire et du monde politique&#x2c; le Club Changer la gauche explore de nombreuses questions  aujourd&#x27;hui trop souvent d&#xe9;laiss&#xe9;s par la gauche.</itunes:summary><itunes:image href="http://www.changerlagauche.fr/index_files/podcast_channel.png" /><item><title>Les chemins de l&#x27;enfer&#x2c; par Matthieu Niango</title><dc:creator>contact@changerlagauche.fr</dc:creator><category>Billets d&#x27;humeur</category><dc:date>2010-05-19T15:24:35+02:00</dc:date><link>http://www.changerlagauche.fr/index_files/1d849e9d63ec5dc259a53d7e96103b70-68.php#unique-entry-id-68</link><guid isPermaLink="true">http://www.changerlagauche.fr/index_files/1d849e9d63ec5dc259a53d7e96103b70-68.php#unique-entry-id-68</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="image2censure" src="http://www.changerlagauche.fr/index_files/bouchecensure.jpg" width="209" height="158"/></div><span style="font-size:16px; "><br><br><div align="justify"></span><span style="font-size:64px; color:#FF0000;">L</span>es m&eacute;dias ne sont plus libres en France : on ne tremble plus en l'&eacute;crivant car tout le monde le sait. Pseudopodes des grands groupes &eacute;conomiques, les journaux, la radio et la t&eacute;l&eacute;vision, apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; musel&eacute;s par les barons du monde de l'argent, l'ont &eacute;t&eacute; par ceux de la droite au pouvoir, en qui les premiers ont trouv&eacute; leur ma&icirc;tre. On sait tout d&eacute;sormais des variations sur les amusements de la Cour, ou sur ses malheurs command&eacute;s, destin&eacute;s &agrave; d&eacute;tourner l'attention des Fran&ccedil;ais des vrais pobl&egrave;mes. Quant &agrave; la presse d'opposition, elle n'est plus que l'ombre d'elle-m&ecirc;me. Et Philippe Val, comme il &eacute;tait en lice pour devenir le patron de France Inter, d'avoir apport&eacute; &agrave; son possible protecteur la t&ecirc;te de Sin&eacute; sur un plateau pour avoir critiqu&eacute; le Prince...<br /><p style="text-align:justify;"><br />On a pu &eacute;galement souligner toute l'adresse d'un gouvernement qui parvient parfois &agrave; insuffler le sentiment de scandale &agrave; l'opinion, quand, pr&eacute;cis&eacute;ment, la presse fait &oelig;uvre utile, en d&eacute;non&ccedil;ant les manipulations du pouvoir. Le pr&eacute;sident et sa suite &eacute;pousent les traits de l'indignation face &agrave; des journalistes qui ont le front de leur &eacute;chapper. Afin de ne pas se salir les main, ils montent alors la foule contre eux.   <br /><br />On a pu notamment souligner la maestria du sarkozysme d'opinion apr&egrave;s qu'un superbe article de <em>Paris Match</em>, dat&eacute; de septembre 2008, avait relat&eacute; dans tous ses d&eacute;tails les v&eacute;ritables circonstances de l'attaque des soldats fran&ccedil;ais en Afghanistan. Tout le monde poussa les hauts cris, entra&icirc;n&eacute; par le ministre de la D&eacute;fense Herv&eacute; Morin, face aux photos des talibans qui arboraient les montres et les cha&icirc;nettes des Fran&ccedil;ais morts au front...sans lire ici, comme il aurait fallu, une d&eacute;nonciation des conditions d'action de ces jeunes gens sous-&eacute;quip&eacute;s et mal encadr&eacute;s que l'arm&eacute;e venait d'envoyer &agrave; la mort. O ! Pays des libert&eacute;s ! O&ugrave; la presse est, <a href="http://fr.rsf.org/press-freedom-index-2009,1001.html" rel="external">selon Reporters sans fronti&egrave;res</a>, class&eacute;e 43&egrave;me sur 150 pour ce qui est de l'ind&eacute;pendance, juste derri&egrave;re le Surinam et la Guyana !   <br /><br />De fa&ccedil;on plus g&eacute;n&eacute;rale, la droite a bien travaill&eacute; pour rendre toute fictive la libert&eacute; d'expression. Formellement pr&eacute;serv&eacute;e, elle se heurte en r&eacute;alit&eacute; &agrave; l'impossibilit&eacute; de dire du mal de ceux qui tiennent l'acc&egrave;s aux canaux de diffusion, canaux sans lesquelles une telle libert&eacute; demeure lettre morte. Parlez de ce que vous voulez devant votre t&eacute;l&eacute;vision, commentez de la fa&ccedil;on la plus acerbe le journal que vous lisez, ou votre livre de chevet, ou ce que le Monsieur dit &agrave; la radio ; mais ne comptez pas trop acc&eacute;der &agrave; l'autre c&ocirc;t&eacute; du mur qui vous renvoie le son de vos propres critiques... <br /><br />Il faudra bien que la gauche, une fois revenue aux affaires, mette bon ordre dans ces collusions malsaines, en assurant l'ind&eacute;pendance des m&eacute;dias vis-&agrave;-vis du pouvoir politique et du pouvoir &eacute;conomique. Mais, pour l'heure, peut-on affirmer que l'opposition favorise r&eacute;ellement la libert&eacute; de dire ce que l'on veut ?  A-t-elle toujours bien fait entendre la voix du parler franc quand une chappe de plomb descendait sur la plupart des langues ? <br /><br />Comme elle n'a pas vraiment acc&egrave;s aux m&eacute;dias, la gauche, entendue au sens large, se rabat sur la loi. Que Z&eacute;mour parle en termes d&eacute;plaisants des Noirs et des Arabes, qu'un imb&eacute;cile chanteur de rap d&eacute;verse en des vers malhabiles toutes sa haine des femmes, que Nadine Morano s'en prenne aux jeunes aux casquettes &agrave; l'envers, et voici qu'on d&eacute;gaine, chez SOS racisme, chez la Halde (avide de ce genre de mouvements), ou simplement chacun pour soi, toute l'artillerie des tribunaux. <br /><br />Que tous ceux-l&agrave; aient tort, qu'il tiennent des propos condamnables, oui, on l'accorde, mais pas condamnables par la loi. Il faut s'&eacute;lever contre la volont&eacute; de faire correspondre les limites de l'ill&eacute;gal et du d&eacute;plaisant. Je n'aime pas trop ce qu'il dit. Monsieur le juge, faite-le taire, s'il vous plait. C'est alors qu'on terrorise au lieu de raisonner. Et par l&agrave; on amolit la d&eacute;mocratie, qui se nourrit de tensions et de d&eacute;bats entre des gens qui ne sont pas d'accord. <br /><br />Ajoutons &agrave; cela qu'il faut pr&eacute;f&egrave;rer des discriminations bruyantes &agrave; des discriminations silencieuses. Si j'entends un chef d'entreprise affirmer l'in&eacute;galit&eacute; des races &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision, je le laisse parler, et l'attends au tournant. Si ensuite les plaintes pour discriminations d'un salari&eacute; s'&eacute;l&egrave;vent contre ce chef d'entreprise, les propos de ce dernier feront &eacute;cho &agrave; ses actes, et c'est plus facilement qu'il sera, alors, mais seulement alors, condamn&eacute;. <br /><br />On saisit mieux toute l'urgence qu'il y a &agrave; cr&eacute;er et pr&eacute;server un v&eacute;ritable espace de d&eacute;bat ind&eacute;pendant, o&ugrave; chacun puisse r&eacute;pondre &agrave; chacun. Si un tel monde existait, aucun micro ne serait tendu en direction d'Eric Zemmour. Il n'aurait plus d&egrave;s lors qu'&agrave; croupir dans le cachot obscur de sa b&ecirc;tise. Si tout le monde avait un droit &eacute;gal &agrave; la parole public, le visage de Vidal-Naquet serait aussi connu que celui de Le Pen. Le probl&egrave;me du n&eacute;gationnisme, du racisme en parole, ou encore, du discours machiste n'est pas et ne doit pas &ecirc;tre un probl&egrave;me l&eacute;gal, mais bien &eacute;ditorial. A tout le moins faut-il qu'on puisse r&eacute;pondre et humilier les imb&eacute;ciles qui s'y vautrent &agrave; longueur d'antenne, et auxquels on a la tentation funeste d'opposer aujourd'hui, nous autres victimes du sarkozysme, la force de la loi. <br /><br />Il ne suffit pas d'&ecirc;tre bien intentionn&eacute; pour ne pas asservir les hommes. On se souvient que  ce sont les lois Gayssot de 1990 qui ont mis le feu aux poudres des lois m&eacute;morielles, en rendant possible la poursuite de quiconque remettrait en cause la version officielle de l'Histoire. Le Parlement devait dicter ses lois &agrave; l'homme de science. Galil&eacute;e se remua dans sa tombe. S'ouvrit une p&eacute;riode qui connut son point d'orgue en 2005, quand on voulut nous faire souligner les aspects positifs de la colonisation, c'est-&agrave;-dire aimer le fouet et les cha&icirc;nes. D&eacute;cid&eacute;ment, les chemins de l'Enfer...  <span style="font-size:16px; "></div><br /><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font-size:16px; color:#FF0000;font-weight:bold; ">Matthieu Niango<br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Un gouvernement &#xe9;conomique europ&#xe9;en ?&#x2c; par Pierre Haroche</title><dc:creator>contact@changerlagauche.fr</dc:creator><category>Id&#xe9;es lanc&#xe9;es en l&#x27;air</category><dc:date>2010-05-13T19:45:25+02:00</dc:date><link>http://www.changerlagauche.fr/index_files/a1eddf045a8f0f591f0427c0c417990c-67.php#unique-entry-id-67</link><guid isPermaLink="true">http://www.changerlagauche.fr/index_files/a1eddf045a8f0f591f0427c0c417990c-67.php#unique-entry-id-67</guid><content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><br /><div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="barroso_1001942c" src="http://www.changerlagauche.fr/index_files/barroso_1001942c.jpg" width="198" height="129"/></div><span style="font-size:16px; "><br><br><div align="justify"></span><span style="font-size:64px; color:#FF0000;">L</span>e Pr&eacute;sident de la Commission europ&eacute;enne, Jos&eacute; Manuel Barroso veut pouvoir contr&ocirc;ler les budgets des Etats membres avant leur examen par les Parlements nationaux. La crise grecque a en effet montr&eacute; que les choix budg&eacute;taires de chaque membre de la zone euro finissent par avoir un impact sur l&rsquo;ensemble de leurs partenaires, et les Etats ont &eacute;t&eacute; oblig&eacute;s de se montrer solidaires en cr&eacute;ant un fonds de stabilisation. Si les Europ&eacute;ens sont solidaires dans les cons&eacute;quences, n&rsquo;est-il pas logique qu&rsquo;ils le soient aussi dans les d&eacute;cisions initiales&nbsp;? <br /><br />Oui mais voil&agrave;, si l&rsquo;id&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale de la Commission semble la suite logique de la r&eacute;ponse &agrave; la crise grecque, les modalit&eacute;s sont nettement plus contestables. En demandant un droit de contr&ocirc;le sur les budgets nationaux, la Commission cherche &agrave; s&rsquo;arroger un pouvoir important, sans contr&ocirc;le ni contre-pouvoir. Non seulement elle se met &agrave; dos les Parlements nationaux cens&eacute;s voter les budgets, mais si son souhait &eacute;tait exauc&eacute; &ndash;ce qui est peu probable&ndash; c&rsquo;est elle-m&ecirc;me qui en souffrirait le plus. La Commission passe son temps &agrave; regretter "l&rsquo;hypocrisie des gouvernements" qui prennent des d&eacute;cisions au niveau europ&eacute;en, puis refusent de les assumer devant leurs opinions publiques en disant&nbsp;: "C&rsquo;est Bruxelles qui nous oblige".  Mais qu&rsquo;est-ce que cela serait si un ministre des finances devait demain se pr&eacute;senter devant son Parlement en disant&nbsp;:&nbsp;&ldquo;La Commission europ&eacute;enne a censur&eacute; mon budget&ldquo;&nbsp;? D&egrave;s qu&rsquo;une question d&rsquo;argent public serait soulev&eacute;e &ndash;c'est-&agrave;-dire &agrave; peu pr&egrave;s tous les jours&ndash; la Commission deviendrait le bouc-&eacute;missaire de tous les m&eacute;contentements, le p&egrave;re fouettard des peuples. <br /><br />Cela signifie-t-il que nous devons en rester &agrave; de vagues tentatives de coordination des gouvernements nationaux sur une base non contraignante&nbsp;? Nos int&eacute;r&ecirc;ts politiques s&rsquo;opposent-ils &agrave; nos int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;conomiques au point de nous interdire un vrai gouvernement &eacute;conomique europ&eacute;en&nbsp;? Non, si l&rsquo;on conserve le m&ecirc;me objectif en adoptant une proc&eacute;dure plus souple. En amont de la pr&eacute;paration des budgets, un texte d&rsquo;orientation budg&eacute;taire europ&eacute;en pourrait &ecirc;tre adopt&eacute; par le Conseil des ministres des finances et le Parlement europ&eacute;en. Ce texte inclurait les hypoth&egrave;ses et les orientations g&eacute;n&eacute;rales &agrave; prendre en compte par chaque Etat. Dans un deuxi&egrave;me temps, la Commission pourrait &ecirc;tre charg&eacute;e de contr&ocirc;ler le respect de ces  engagements dans les avant-projets de budgets. Cette solution aurait l&rsquo;avantage d&rsquo;impliquer non seulement les parlementaires nationaux, qui pourraient contr&ocirc;ler la position de leur ministre au stade des d&eacute;bats d&rsquo;orientation budg&eacute;taire, mais aussi les parlementaires europ&eacute;ens. Le spectre de la technocratie serait &eacute;cart&eacute; et la Commission s&rsquo;en tiendrait &agrave; un strict r&ocirc;le d&rsquo;ex&eacute;cutant. A terme, la Commission ne pourra vraiment peser sur la d&eacute;finition d&rsquo;une politique budg&eacute;taire europ&eacute;enne qu&rsquo;&agrave; condition d&rsquo;&ecirc;tre issue du suffrage universel.<br /><br />Le parlementarisme est n&eacute; en Europe et en Am&eacute;rique sur une transaction en forme de slogan&nbsp;:&nbsp;"Pas de taxation sans repr&eacute;sentation&nbsp;!" C&rsquo;est l&rsquo;esprit de cette transaction qu&rsquo;il s&rsquo;agit de retrouver aujourd&rsquo;hui&nbsp;: &ldquo;Pas de contrainte budg&eacute;taire sans d&eacute;lib&eacute;ration&nbsp;!&ldquo;<span style="font-size:16px; "></div><br /><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font-size:16px; color:#FF0000;font-weight:bold; ">Pierre Haroche</span><span style="font-size:16px; "><br /></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>Les oubli&#xe9;s&#x2c; par Pierre Haroche</title><dc:creator>contact@changerlagauche.fr</dc:creator><category>Billets d&#x27;humeur</category><dc:date>2010-05-10T14:31:51+02:00</dc:date><link>http://www.changerlagauche.fr/index_files/a51f5441948e5ea00dcea656b91d8147-66.php#unique-entry-id-66</link><guid isPermaLink="true">http://www.changerlagauche.fr/index_files/a51f5441948e5ea00dcea656b91d8147-66.php#unique-entry-id-66</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="arm&eacute;e fran&ccedil;aise" src="http://www.changerlagauche.fr/index_files/arm00e9e-fran00e7aise.jpg" width="180" height="134"/></div><span style="font-size:16px; "><br><br><div align="justify"></span><span style="font-size:64px; color:#FF0000;">L</span>e 8 mai dernier, le Pr&eacute;sident Sarkozy a comm&eacute;mor&eacute; la victoire de 1945 &agrave; Colmar en rendant un hommage particulier aux "malgr&eacute; nous",  ces Alsaciens et Mosellans incorpor&eacute;s de force dans l'arm&eacute;e allemande. L&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re, c&rsquo;&eacute;tait le tour des &ldquo;oubli&eacute;s de la R&eacute;publique&ldquo;, les soldats coloniaux venus d&rsquo;Afrique, d&rsquo;&ecirc;tre distingu&eacute;s le 8 mai, dans la lign&eacute;e du film <em>Indig&egrave;nes</em>. Il semble ainsi que le Pr&eacute;sident ait choisi d&rsquo;instaurer une tradition de comm&eacute;morations cat&eacute;gorielles, prenant en charge la m&eacute;moire de groupes longtemps n&eacute;glig&eacute;s par les c&eacute;r&eacute;monies officielles.<br /><p style="text-align:justify;"><br />Il existe pourtant un groupe syst&eacute;matiquement oubli&eacute; des comm&eacute;morations. Un groupe qui a ch&egrave;rement pay&eacute; le prix de la lutte contre le nazisme et pour lequel aucun porte-parole ne revendique un "hommage particulier". Un groupe refoul&eacute; de la m&eacute;moire collective au point que personne ne pense &agrave; s&rsquo;en &eacute;mouvoir. Ce groupe, ce sont les 5 millions de Fran&ccedil;ais mobilis&eacute;s en 1940, dont 90&nbsp;000 ont &eacute;t&eacute; tu&eacute;s pendant la campagne de France, et pr&egrave;s de 2 millions ont &eacute;t&eacute; intern&eacute;s dans des camps de prisonniers en Allemagne. La R&eacute;publique a toujours c&eacute;l&eacute;br&eacute; les r&eacute;sistants, les forces fran&ccedil;aises libres, les alli&eacute;s d&eacute;barqu&eacute;s en 1944, mais jamais les soldats de 1940. Les "poilus" de 14-18 ont &eacute;t&eacute; maintes fois honor&eacute;s et leurs t&eacute;moignages ont &eacute;t&eacute; recueillis avec soin. A l&rsquo;inverse la m&eacute;moire des soldats de 1940 semble toujours un sujet tabou. Comme si une convention tacite voulait qu&rsquo;on ne comm&eacute;more que les vainqueurs et qu&rsquo;on oublie les vaincus. Comme si ces combattants n&rsquo;avaient pas fait preuve d&rsquo;autant de courage et de sacrifice que les autres. Comme si soixante-dix ans apr&egrave;s, il fallait encore leur faire payer leur d&eacute;faite en les effa&ccedil;ant de la m&eacute;moire nationale. <br /><br />Contrairement &agrave; ce que laissent entendre les mythes r&eacute;trospectifs, ces hommes n&rsquo;ont pas refus&eacute; de se battre, ils ne se sont pas rendus en masse et la campagne de France n&rsquo;a rien eu d&rsquo;une promenade pour l&rsquo;arm&eacute;e allemande. Ces hommes se sont battus, parfois avec acharnement, comme au village de Stonne, dans les Ardennes, pris et repris dix-sept fois en quatre jours. Et ils ont &eacute;t&eacute; les victimes d&rsquo;une d&eacute;faite dont les causes n&rsquo;avaient rien &agrave; voir avec leurs m&eacute;rites individuels. Mourir pour la victoire est un acte h&eacute;ro&iuml;que. Mourir dans l&rsquo;humiliation et la culpabilit&eacute; de la d&eacute;faite, mourir en laissant son pays, sa famille, ses amis aux mains de l&rsquo;occupant est une trag&eacute;die bien plus terrible encore et qui m&eacute;rite un hommage. <br /><br />Ernest Renan a dit de la Nation&nbsp;: "Avoir souffert ensemble&nbsp;: oui, la souffrance en commun unit plus que la joie". R&eacute;habiliter les oubli&eacute;s de 1940 serait une preuve de maturit&eacute; de la conscience nationale bien plus forte et constructive que le calamiteux d&eacute;bat sur l&rsquo;identit&eacute; nationale que nous a offert le gouvernement. Esp&eacute;rons qu&rsquo;un jour, un Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique aura enfin le courage de dire&nbsp;:&nbsp;"Honneur aux vaincus".<span style="font-size:16px; "></div></span><span style="font:13px Times-Roman; "><br /></span></p><p style="text-align:left;"><span style="font:13px Times-Roman; "><br /></span></p><p style="text-align:right;"><span style="font-size:16px; color:#FF0000;font-weight:bold; ">Pierre Haroche</span><br /></p>]]></content:encoded></item><item><title>Universit&#xe9;s et entreprises: quel contrat de mariage ?&#x2c; par Damien I.</title><dc:creator>contact@changerlagauche.fr</dc:creator><category>Id&#xe9;es lanc&#xe9;es en l&#x27;air</category><dc:date>2010-04-19T11:33:02+02:00</dc:date><link>http://www.changerlagauche.fr/index_files/c9ea4efc02eeb097cc5cdcad7242f32e-65.php#unique-entry-id-65</link><guid isPermaLink="true">http://www.changerlagauche.fr/index_files/c9ea4efc02eeb097cc5cdcad7242f32e-65.php#unique-entry-id-65</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="amphitheatre_de_droit" src="http://www.changerlagauche.fr/index_files/amphitheatre_de_droit.jpg" width="184" height="124"/></div><span style="font-size:16px; "><br><br><div align="justify"></span><span style="font-size:64px; color:#FF0000;">R</span>approcher l&rsquo;universit&eacute; des entreprises est une id&eacute;e simple et s&eacute;duisante. En ajustant les formations universitaires au plus pr&egrave;s des besoins des entreprises, on augmenterait les chances des jeunes dipl&ocirc;m&eacute;s de trouver un emploi rapidement. D&rsquo;o&ugrave; la volont&eacute; de faire participer les entreprises au monde universitaire, en les associant aux organes de direction des universit&eacute;s ou &agrave; la conception des programmes. La conception sous-jacente est que les universit&eacute;s ne r&eacute;pondent plus, par les savoirs qu&rsquo;elles d&eacute;livrent, aux besoins de l&rsquo;&eacute;conomie, et c&rsquo;est ce "d&eacute;calage" qui expliquerait les difficult&eacute;s des jeunes dipl&ocirc;m&eacute;s &agrave; acc&eacute;der &agrave; l&rsquo;emploi. On serait alors tent&eacute; de se d&eacute;barrasser des disciplines qui semblent les plus &eacute;loign&eacute;es du "monde de l&rsquo;entreprise", pour se recentrer sur les savoirs directement utiles, notamment la gestion.<br /><p style="text-align:justify;"><br />Rapprocher universit&eacute; et entreprises n&rsquo;est ni bon ni mauvais en soi, et tout d&eacute;pend des mesures concr&egrave;tes qui sont prises pour mettre en oeuvre ce slogan. M&eacute;fions-nous notamment de son interpr&eacute;tation la plus courante, parce qu&rsquo;elle est na&iuml;ve et parce qu&rsquo;elle ne n&rsquo;int&egrave;gre pas le fait que nous vivons dans un monde qui &eacute;volue de plus en plus rapidement.<br /><br />*****<br /><br />1/ La na&iuml;vet&eacute; serait de croire que les entreprises inciteront les universit&eacute;s &agrave; d&eacute;livrer des enseignements qui sont, &agrave; long terme, b&eacute;n&eacute;fiques aux &eacute;tudiants. Poss&eacute;der des savoirs techniques (comptabilit&eacute;, gestion, logistique) facilite en effet l&rsquo;acc&egrave;s au premier emploi. Mais ce sont les savoirs g&eacute;n&eacute;raux qui permettent ensuite de gravir les &eacute;chelons dans les entreprises. Or, il est probable que les entreprises insistent plus sur les savoirs techniques que sur les savoirs g&eacute;n&eacute;raux, qui sont moins clairement identifi&eacute;s et identifiables.<br /><br />Les qualit&eacute;s d&rsquo;&eacute;criture, de pr&eacute;sentation, d&rsquo;expression, de communication des id&eacute;es, mais aussi la culture g&eacute;n&eacute;rale et la capacit&eacute; d&rsquo;analyse, ne sont pas essentielles en d&eacute;but de carri&egrave;re. Elles sont cependant n&eacute;cessaires pour progresser dans l&rsquo;entreprise et pour acc&eacute;der &agrave; des postes &agrave; responsabilit&eacute;. A l&rsquo;&eacute;chelle d&rsquo;une carri&egrave;re, des savoirs trop sp&eacute;cialis&eacute;s sont utiles &agrave; court terme mais insuffisants &agrave; moyen terme, et l&rsquo;individu risque de voir ses perspectives se restreindre s&rsquo;il n&rsquo;a pas b&eacute;n&eacute;fici&eacute; d&rsquo;enseignements g&eacute;n&eacute;raux et th&eacute;oriques, lettres, histoire ou math&eacute;matiques. Le rapprochement entre universit&eacute; et entreprise ne devrait donc pas se faire au d&eacute;triment des disciplines qui semblent les moins directement li&eacute;es &agrave; l&rsquo;entreprise.<br /><br />2/ Le fait que nous vivions dans un monde qui change rapidement s&rsquo;explique simplement&nbsp;: les centres d&rsquo;innovation se multiplient et l&rsquo;&eacute;conomie devient plus comp&eacute;titive, notamment parce que de nouveaux acteurs &eacute;mergent et parce que les barri&egrave;res au commerce international sont en constante diminution. Dans un tel contexte, les produits et les m&eacute;thodes de production les moins innovants et les moins rentables ne peuvent pas subsister longtemps, et les entreprises comme les travailleurs doivent se donner les moyens de s&rsquo;adapter &agrave; un rythme soutenu.<span style="font-size:16px; "></div></span></p>]]></content:encoded></item><item><title>La paix passera par les intellectuels&#x2c; par Manon Garcia</title><dc:creator>contact@changerlagauche.fr</dc:creator><category>Billets d&#x27;humeur</category><dc:date>2010-04-08T15:31:38+02:00</dc:date><link>http://www.changerlagauche.fr/index_files/0ef57a0c58695fa2497000f273d91ae9-64.php#unique-entry-id-64</link><guid isPermaLink="true">http://www.changerlagauche.fr/index_files/0ef57a0c58695fa2497000f273d91ae9-64.php#unique-entry-id-64</guid><content:encoded><![CDATA[<div class="image-left"><img class="imageStyle" alt="pellicule1" src="http://www.changerlagauche.fr/index_files/pellicule1.jpg" width="112" height="148"/></div><span style="font-size:16px; "><br><br><div align="justify"></span><span style="font-size:64px; color:#FF0000;">C</span>ette semaine devait se tenir au Centre fran&ccedil;ais de culture et de coop&eacute;ration du Caire le festival "Les Rencontres de l&rsquo;image". Cette manifestation visait &agrave; r&eacute;unir les films de jeunes r&eacute;alisateurs &eacute;gyptiens et fran&ccedil;ais. Con&ccedil;ue comme une fen&ecirc;tre sur ces deux civilisations, elle devait permettre &agrave; ces artistes de se d&eacute;couvrir, de d&eacute;battre, d&rsquo;apprendre les uns des autres. Parmi les films s&eacute;lectionn&eacute;s par le centre culturel, le court-m&eacute;trage de Keren Ben Rafael, &eacute;l&egrave;ve de la Femis, grande &eacute;cole de cin&eacute;ma fran&ccedil;aise. Seulement voil&agrave;, Keren Ben Rafael est isra&eacute;lienne. Elle a fait ses &eacute;tudes en France, elle vit en France, son film a &eacute;t&eacute; produit en France mais elle est de nationalit&eacute; isra&eacute;lienne, l&rsquo;action de son film se d&eacute;roule en Isra&euml;l et, comme toute jeune Isra&eacute;lienne, elle a fait son service militaire.<br /><p style="text-align:justify;"><br />La semaine derni&egrave;re, un r&eacute;alisateur &eacute;gyptien, Ahmed Atef, jur&eacute; du festival, a d&eacute;cid&eacute; de d&eacute;missionner pour protester contre la pr&eacute;sence du film de cette r&eacute;alisatrice. Il a &eacute;t&eacute; suivi par d&rsquo;autres coll&egrave;gues. Le Quai d&rsquo;Orsay a, tout d&rsquo;abord, accept&eacute; de retirer le film incrimin&eacute; et s&rsquo;est ensuite ravis&eacute;, ouvrant la porte &agrave; une contestation de grande ampleur dans le monde du cin&eacute;ma &eacute;gyptien. Les intellectuels, qui ont depuis d&eacute;cid&eacute; de retirer les films &eacute;gyptiens de la comp&eacute;tition et de boycotter les rencontres, accusent l&rsquo;Etat fran&ccedil;ais de vouloir forcer une "normalisation culturelle" qu&rsquo;ils rejettent avec l&rsquo;Etat h&eacute;breu.<br /><br />Les accords de Camp David, instaurant la paix entre Isra&euml;l et l&rsquo;Egypte, ont f&ecirc;t&eacute; la semaine derni&egrave;re leur trente-et-uni&egrave;me anniversaire. Chaque semaine, le pr&eacute;sident &eacute;gyptien, Hosni Moubarak, dialogue avec les hommes politiques isra&eacute;liens. L&rsquo;Egypte fournit la majeure partie des hydrocarbures isra&eacute;liens, la coop&eacute;ration agricole est intense&hellip; Et pourtant, les intellectuels et artistes &eacute;gyptiens, dans leur majorit&eacute;, refusent ce qu&rsquo;ils appellent la "normalisation culturelle". Il est presque impossible pour les Egyptiens d&rsquo;avoir acc&egrave;s &agrave; la culture isra&eacute;lienne et bien des artistes &eacute;gyptiens refusent, contraints ou non, l&rsquo;acc&egrave;s des Isra&eacute;liens &agrave; leurs &oelig;uvres. La m&eacute;fiance du monde culturel &eacute;gyptien &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de l&rsquo;Etat h&eacute;breu avait d&rsquo;ailleurs connu une publicit&eacute; toute particuli&egrave;re lorsque Farouk Hosni, ministre de la Culture &eacute;gyptien ind&eacute;boulonnable depuis plus de vingt ans, avait d&eacute;cr&eacute;t&eacute; en 2008 qu&rsquo;il &eacute;tait pr&ecirc;t &agrave; "br&ucirc;ler lui-m&ecirc;me des livres isra&eacute;liens s&rsquo;il en trouvait dans les biblioth&egrave;ques &eacute;gyptiennes", propos qui expliquent sans doute en partie l&rsquo;&eacute;chec de sa candidature &agrave; la direction g&eacute;n&eacute;rale de l&rsquo;Unesco.<br /><br />Aujourd&rsquo;hui, la position de ces intellectuels et de ces artistes semble absurde: si une chose est claire, de part et d&rsquo;autre des fronti&egrave;res et des murs de s&eacute;paration, c&rsquo;est qu&rsquo;il faut b&acirc;tir la paix au Proche-Orient, une paix qui passera par la construction et la reconnaissance le plus rapidement possible d&rsquo;un Etat palestinien. Depuis soixante ans, la politique et la diplomatie ont montr&eacute; leurs limites. Aujourd&rsquo;hui, seule la soci&eacute;t&eacute; civile parviendra &agrave; faire &eacute;merger la paix. Plus que jamais, il faut favoriser le dialogue, l&rsquo;&eacute;change, les initiatives communes. Et les artistes devraient &ecirc;tre les pr&eacute;curseurs de cette paix future. Traditionnellement, ce sont eux qui ont &eacute;t&eacute; &agrave; la pointe du combat pacifiste, que ce soit pendant les deux guerres mondiales ou pendant la Guerre froide.  C&rsquo;est dans ce sens que la position de ces cin&eacute;astes &eacute;gyptiens est grotesque. Refuser le dialogue avec le cin&eacute;ma isra&eacute;lien aujourd&rsquo;hui semble d&rsquo;autant plus incompr&eacute;hensible que nombre de r&eacute;alisateurs repr&eacute;sentent bien ce que l&rsquo;on appelle "l&rsquo;autre Isra&euml;l", cette soci&eacute;t&eacute; parfois invisible de l&rsquo;ext&eacute;rieur qui se bat au quotidien contre la colonisation, contre les violences quotidiennes inflig&eacute;es aux Palestiniens, et pour la paix, pour une paix juste et durable. Que penserait-on d&rsquo;un pays qui refuserait de montrer les films d&rsquo;Abbas Kiarostami, r&eacute;alisateur iranien qui s&rsquo;est vu d&eacute;cerner la Palme d&rsquo;or au Festival de Cannes en 1997, au motif qu&rsquo;il vient d&rsquo;un pays misogyne, autoritaire et antis&eacute;mite ?<span style="font-size:16px; "></div></span></p>]]></content:encoded></item></channel>
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