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Le Pen et les primaires, par Pierre Haroche

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Quoique l’on pense de la fiabilité des sondages à plus d’un an de la présidentielle, on peut s’accorder sur un point : la présence de Marine Le Pen au second tour est désormais une hypothèse crédible. Alors que l’on agite le scénario d’un nouveau 21 avril dans tous les sens, à l’endroit et à l’envers, il convient de souligner une différence de taille avec 2002 : le temps.

En 2002, les premiers sondages donnant Jean-Marie Le Pen et Lionel Jospin au coude à coude étaient intervenus dans les derniers jours de la campagne et aucun média n’avait mis en lumière le risque d’élimination du socialiste. Le 21 avril, beaucoup d’électeurs de gauche s’étaient abstenus ou s’étaient reportés sur des "petits" candidats, et avaient finalement été amèrement surpris par le résultat. Cette fois, les dits sondages interviennent alors que la campagne n’a pas commencé et que les candidats ne sont pas encore déclarés. Tout le monde a le temps d’anticiper.

Imaginons (ce qui n’est pas encore certain) que l’hypothèse actuelle se confirme, c'est-à-dire Le Pen, Sarkozy et le candidat socialiste à quelques points d’écart les uns des autres. Il est une question qu’il faudra bien se poser : voter disons Jean-Luc Mélenchon ou Eva Joly, est-ce voter pour l’élimination de la gauche ? Il est à parier que beaucoup hésiteront, même parmi leurs partisans les plus convaincus. Le phénomène auquel nous pourrions alors assister serait celui d’une dé-primarisation du premier tour de la présidentielle. En effet, lorsque la gauche et la droite classique sont certaines d’être représentées au second tour, le premier tour peut prendre des allures de primaires dans chaque camp, l’exemple typique étant 1995 et le duel Chirac-Balladur. Mais si l’extrême droite est dans le duo de tête, alors ce jeu n’a plus de sens. Tout l’enjeu est de se qualifier. La présidentielle tend à devenir une élection à un seul tour.

Et c’est là que l’initiative socialiste d’organiser des primaires ouvertes à tous les électeurs de gauche pourrait prendre une dimension nouvelle. Ces primaires ont été beaucoup critiquées notamment parce qu’elles encouragent la compétition fratricide entre des candidats qui devront se rassembler à la présidentielle. Mais si le premier tour devient le tour décisif, ce grand débat interne à la gauche devient alors salutaire. L’appel à "voter utile" au premier tour aura une toute autre légitimité dès lors que les électeurs écologistes, du Front de Gauche, voire centristes, auront eu l’occasion de participer à la désignation du candidat socialiste. Si tout est décalé d’un cran, alors c’est au primaires que devront s’exprimer les tendances internes à la gauche et au premier tour de la présidentielle que le candidat commun devra l’emporter.

Bien entendu, tout cela est encore hypothétique. Bien entendu, les électeurs de la gauche non socialiste ne trouveront pas forcément leur bonheur parmi les candidats à la primaire ouverte, quoique l’éventail des pressentis ne soit pas négligeable. Mais il faut se souvenir qu’en 2002, ce n’était pas tant le Front national qui avait gagné des électeurs que la gauche qui s’était démobilisée. Au lieu d’entrer dans des débats misérables du type "à qui profite la montée du FN ?", prendre les devants par une dynamique mobilisatrice et qui plus est démocratique, voilà le véritable enjeu.


Pierre Haroche

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Pourquoi les électeurs socialistes ont-ils voté "Europe Ecologie" ? par Mathias Chichportich



Si les enjeux du scrutin et la faible participation électorale doivent inviter à rester prudent dans l’analyse, une chose est claire, en ce lendemain de scrutin: Martine Aubry et François Bayrou doivent se mettre au vert!

Le succès obtenu par les listes d’"Europe Ecologie" traduisent les vertus d’une campagne menée avec audace et cohérence.


Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il fallait être audacieux pour parler d’Europe lors de ces élections européennes. Plutôt que de se laisser porter par les mouvements supposés de l’opinion, les listes de Daniel Cohn-Bendit n’ont pas hésité à affirmer leur conviction. A l’heure où les français sont prétendument méfiants à l’égard de l’Union, il fallait être audacieux pour défendre sans frilosité le projet d’une Europe fédérale.

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O tempora ! O Jaurès ! par Emmanuel Martin et Matthieu Niango



« Rajeunir le parti » : c'est le mot d'ordre auquel se rallient l'ensemble des socialistes depuis quelques années. La formule enferme la conscience d'un décalage entre un parti vieillissant et un électorat avide de renouvellement.

 
Qui profère un tel impératif ?
 
Le citoyen lassé d'entendre les vaincus d'hier et d'avant-hier promettre la victoire demain : les jeunes lions que l'attente finira par changer en éléphants, cela va de soi ; mais aussi une arrière-garde chenue, protégée par des bataillons de militants professionnels, nommés par quelques puissants féodaux... toutes personnes que l'on imagine mal abandonner d'eux-mêmes le commandement où ils ont blanchi avec tant de délices.

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Born again party, par Pierre Haroche



Le parti socialiste est-il mort ? Cette question s’impose à tout lecteur de la presse de ces derniers jours. Le chœur unanime des analystes et autres éditorialistes se complait en effet à annoncer la décomposition du parti socialiste, certains pour s’en lamenter, d’autres pour s’en réjouir, voire à s’inquiéter pour la santé de la démocratie française condamnée désormais à survivre sans opposition sérieuse. Pour y voir plus clair, reprenons dans l’ordre les étapes de cette catastrophe supposée.


Acte I : le Congrès manqué. Les « querelles d’ego », l’absence de solidarité ont raison de l’unité du parti. Les différentes motions refusent de fusionner et s’en remettent au vote des militants. Mais est-ce vraiment une mauvaise chose ? Uniquement si l’on reste attaché à une vision archaïque du parti où le vote des militants n’est rien et où les marchandages nocturnes de la commission des résolutions sont tout. Une vision quasi clientéliste dans laquelle les chefs de motion sont suivis aveuglément par leurs troupes et dirigent le parti entre eux, en se répartissant des postes à huis clos. En réalité, l’échec du Congrès a été une bonne chose car il a permis l’avènement de la démocratie et de la transparence.

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Un Américain au PS, par Pierre Haroche



Le 6 novembre dernier, comme 128 977 autres militants socialistes, j’ai voté dans ma section parisienne. Il se trouve que, le lendemain, je prenais par hasard un verre avec un ami américain de passage à Paris. Très intéressé par la politique française, il écouta avec attention mon exposé fleuri des différentes motions et des personnalités qui les soutiennent.

Soudain, il me demanda avec ingénuité : ”Mais ce vote, que décide-t-il au juste ?” Je répondis, en confiance : ”Il décide de la nouvelle majorité qui dirigera le parti. 
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Quel premier secrétaire pour le Parti socialiste ? par Pierre Haroche



A l’approche du prochain congrès du parti socialiste, un certain nombre de critiques traditionnelles à l’encontre du fonctionnement interne du parti refleurissent dans les discours de tous les bords. Devant les militants, la dénonciation des maux chroniques censés miner le parti est en effet devenue un outil rhétorique incontournable.


Un premier type de critique classique vise l’excès des ambitions personnelles qui tendraient à éliminer le débat d’idées et à « caporaliser » le parti derrière un chef. C’est aujourd’hui la position des « reconstructeurs » qui refusent que le congrès se transforme en duel des « présidentiables » désignés par les sondages d’opinion, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal, et en appellent à l’élaboration d’une « offre politique » préalablement à la désignation d’un candidat.

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Des municipales au Congrès, par les membres du Club Changer la gauche



Non, la gauche n'a pas gagné les élections municipales du mois dernier. Du moins, elle ne peut se satisfaire de ces succès dispersés. Evidemment, chaque victoire individuelle doit être applaudie et constitue une chance d'influer sur la vie d'une collectivité. Mais l'absence de essein global doit aujourd'hui nous faire réagir: sans lui, aucun succès ne sera jamais une victoire véritable. Identifier la gauche au gouvernement des collectivités territoriales, c'est prendre le risque de laisser pour longtemps à la droite celui du pays. Il est impératif, pour prolonger l'élan de ces élections municipales, d'imaginer une façon de rendre utiles les quatre années d'opposition qui se profilent. Pour cela, deux pistes doivent être explorées en priorité.

Tout d'abord, il faut aller chercher l'énergie là où elle se trouve : dans les collectivités territoriales. La dynamique créée par ce scrutin pourra se concrétiser si la gauche traduit ses succès dans les territoires en propositions de large envergure.
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